Les vols et les violences explosent à Paris

Les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont augmenté de 9% à Paris intramuros, avec 35.000 agressions depuis le début de l’année. Des agressions qui surviennent dans les rues de la capitale, mais aussi dans les couloirs du métro. Les procédures liées à des vols à la tire sont en hausse de 32% à Paris depuis le début de l’année : les pickpockets sont de plus en plus agressifs et organisés. Les premiers témoins de ces agressions sont les conducteurs. Clément Bargain de Sud radio a embarqué avec l’un d’eux.

Dans le métro parisien, les pickpockets sont de plus en plus agressifs et organisés. AFP

 

Vols à la tire : "C'est un phénomène qui s'accentue à très forte puissance dans le métro"

Depuis sa cabine, Laurent Mauduit, conducteur de métro et représentant du syndicat La Base Groupe RATP, voit tout : ces bandes organisées de pickpockets, ces arracheurs de téléphone portable. "C'est un phénomène qui s'accentue à très forte puissance dans le métro" confie-t-il à Clément Bargain de Sud radio.

Des vols qui se multiplient depuis le début de l’année. Et chaque ligne, chaque station de métro a sa particularité : "il y a certaines lignes où on va se faire plus arracher les portables, comme sur la ligne 7. Là où se font agresser les touristes, c'est plutôt sur les lignes 1 et 12, les milieux touristiques. Là ce sont plus des bandes, des gens parfois des pays de l'Est".

Face à ces actes de délinquance, les conducteurs de métro se sentent souvent bien seuls : "on ne peut faire que des messages de prévention mais parfois, dès qu'ils entendent ça ils viennent nous voir et c'est insultes, crachats, comme il s'est passé récemment sur les lignes 5 et 6. On se retrouve perdu et on se dit parfois qu'il vaut mieux ne rien dire et laisser faire" explique-t-il amèrement.

 

"On se retrouve seul face à des stations où on ne peut rien faire"

La direction de la RATP affirme de son côté que la présence des équipes de sécurité s’est accrue depuis le mois d’avril. Mais le problème pour Laurent, c’est qu’elles sont présentes uniquement dans les stations les plus fréquentées. "Ils sont là surtout pour faire diminuer le sentiment d'insécurité perçu par le voyageur, mais en fait, ils ne sont pas là tout le temps. Sur la ligne où je travaille par exemple, ils ne passent jamais !"

Pour Laurent Mauduit il y a un manque criant de personnel. "On voudrait de l'effectif en plus ! Des agents en plus ferait que les gens ne pourraient pas faire ce qu'ils veulent. Avant il y avait des poinçonneurs, il y avait au minimum deux agents dans les stations alors que maintenant ils bossent seuls, il y avait dans les trains un chef de train plus un conducteur. On se retrouve seul face à des stations où on ne peut rien faire".

 

 

Une présence dissuasive car dans le métro, les réseaux de délinquants sont très bien organisés : la plupart des pickpockets sont des mineurs et ne risquent pas de poursuites.

 

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