Les saisonniers craignent le pire - "On passe d'un contrat de six mois à juillet-août !"

Depuis novembre 2019, les travailleurs doivent avoir cumulé six mois de travail pour toucher les allocations chômage. Seulement, les saisonniers sont peu - voire rares - à avoir eu un emploi durant la crise du coronavirus. L'état d'urgence sanitaire prolongé jusqu'au 10 juillet, les saisons seront bien courtes et les poches aussi vides...

Le million de saisonniers chaque été fait face à un double problème : le nouveau droit restreint au chômage et la pénurie d'emplois. (Photo Ben Stansall / AFP)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

 

L’été se profile et les saisonniers s’inquiètent. Plus d’un million d’emplois sont pourvus chaque été en France, dont 520.000 dans le tourisme. Seulement, épidémie oblige, les réservations pour les vacances ne sont pas au rendez-vous. Les professionnels du tourisme sont dans le flou et les emplois de saisonniers se font au compte-gouttes. Des saisonniers davantage précarisés par la réforme de l’assurance chômage en novembre dernier. Aujourd'hui, les fédérations FO du transport et de l'hôtellerie-restauration sont reçues à Matignon pour alerter le gouvernement sur la situation des saisonniers.

Voilà dix ans qu'Edwige est saisonnière, et plus précisément "reponsable animation dans un village-vacances". Mais cette année, son été sera chamboulé.

"Le 15 avril, je devais commencer en Grèce pour ma saison de six mois, ç'a été avorté. On passe donc d'un contrat de six mois à deux mois puisqu'on aura que juillet-août là"

En fin de compte, Edwige travaillera dans un "village vacances" du Sud de la France.

"Il y a des sacrifices dans les équipes. Je suis chef de service et on nous demande déjà si on veut réduire nos effectifs, si on veut impérativement travailler... On sait que les entreprises ont perdu beaucoup de fonds car ça fait cinq mois que personne ne travaille."

 

Une réforme de l'allocation chômage qui bouleverse tous les plans

Car avec le manque de visibilité, les embauches se font rares et des milliers de saisonniers risquent de se trouver sans emploi, donc sans ressources. Et depuis novembre dernier et cette nouvelle loi de l'initiative de Muriel Pénicaud, il faut désormais avoir travaillé six mois pour toucher le droit au chômage. Nabil Azzouz, délégué Force Ouvrière - responsable des saisonniers,

"Avant, le saisonnier pouvait travailler quatre mois pour avoir accès à l'indemnité de chômage, maintenant c'est six mois minimum ! Dans ce contexte-là, c'est très compliqué de travailler pendant six mois !"

De fait, Force Ouvrière réclame au gouvernement une sécurisation financière pour les saisonniers sacrifiés cet été à cause de l'épidémie.