Les policiers ont-ils raison d'imiter les Gilets Jaunes ?

Illustration police
Photo d'illustration ©Tim Douet

Après les Gilets Jaunes, la fronde des policiers ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 19 décembre. Avec pour invités :
- Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police / Policiers en colère ;
- Perrine Sallé, porte-parole de l’association des Femmes des Forces de l’Ordre en Colère (FFOC) ;
- Éric Roman, capitaine de police, secrétaire national du syndicat France Police / Policiers en colère ;
- Axel Ronde, secrétaire général du syndicat VIGI Police d’Ile de France ;
- Jean-Marie Godard, journaliste indépendant, auteur du livre Paroles de flics (Fayard) ;
- Pierre Martinet, directeur de Windcorp Security Defense, ancien agent de la DGSE.

"Info Vérité" est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Ils sont épuisés et ont l’impression d’être envoyés sur le terrain "comme de la chair à canon"avec en face d’eux des manifestants prêts à les blesser voire à les tuer. Une bonne part de leur équipement est payée sur leurs finances personnelles, pour des journées de 17 heures et un salaire au Smic…

Après les Gilets Jaunes, place aux Giros Bleus ? Un syndicat parle de lancer un Acte 1 de la mobilisation en janvier ; un autre appelle à une journée noire aujourd’hui en ne répondant qu’aux appels d’urgence. Les petits salaires sont quasiment la norme chez les policiers, et parfois même leur épouse s’est trouvée sur un rond-point… Rien d’étonnant à ce qu’ils prennent exemple sur leur mode d’action…

 Trouver 275 millions d’euros pour les policiers

Les policiers ont-ils raison d’imiter les Gilets Jaunes ? Peut-être. Ainsi, certains Gilets Jaunes obtiennent un gain de pouvoir d’achat via la défiscalisation des heures supplémentaires. "Pourquoi les policiers n’auraient-ils pas droit à la même chose ?, questionne Véronique Jacquier. Ils réclament depuis des années le paiement de 22 millions d’heures supplémentaires. Cela représente 275 millions d’euros. Christophe Castaner a dit hier soir qu’il allait s’employer à trouver l’argent mais que cela n’allait pas se faire d’un claquement de doigt."

Pourquoi y aurait-il ainsi deux poids et deux mesures, s’interrogent les policiers. Si le gouvernement parvient à débloquer dix milliards d’euros pour tenter de satisfaire les Gilets Jaunes, trouver 275 millions pour les policiers doit être faisable… Pour désamorcer le mouvement de grogne au sein de la police, mardi 18 décembre au soir, le gouvernement a annoncé une prime de 300 euros pour les forces de l’ordre mobilisées face aux Gilets Jaunes depuis un mois. Mais le compte n’y est pas. La colère se cristallise sur le paiement des heures supplémentaires, mais aussi sur les salaires et le pouvoir d’achat. Unité SGP Police FO réclame ainsi  une augmentation de salaire de 115 euros au 1er janvier pour tous les gardiens de la paix.

De l'argent, mais aussi de la considération

Le constat est frappant : "Pas de mesures particulière pour eux alors qu’ils ont été le dernier rempart de l’État de droit avec les CRS et les gendarmes, souligne Véronique Jacquier. Ils n’ont pas cédé alors qu’ils sont au bout du rouleau. Comme les Gilets Jaunes, ils demandent de la considération."  "On ne va pas porter un gilet jaune. Mais concrètement, cela va être opération service minimum, explique Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police / Policiers en colère. La police n’a pas le droit de grève. Si on s’arrêtait totalement, cela mettrait la démocratie en danger.

On ne peut pas laisser la criminalité l’emporter sur l’État de droit. Mais on peut se mettre en attente sur des activités demandées par la haute autorité policière pour obtenir des statistiques favorables. En sus des demandes sociales, nous avons des demandes sociétales. On arrête toujours les mêmes, des multi récidivistes qui ne sont pas condamnés par la justice. Nous demandons un Référendum d’initiative populaire, que les policiers puissent reprendre en main leur destin, les questions liées à leur profession, en se passant des corps intermédiaires, politiques, syndicats et associations."


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Retrouvez "Info Vérité" du lundi au vendredi avec Véronique Jacquier à 7h10 et 9h15 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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