Les pharmaciens pourraient bientôt pratiquer certains soins

La loi Buzyn est présentée cette semaine en Conseil des ministres. Son objectif : lutter contre la désertification des médecins. Parmi les mesures, la création d’un label « hôpital de proximité », la suppression du numerus clausus à la fac, mais aussi la possibilité pour les pharmaciens de soigner les petits problèmes du quotidien, ou pour les kinés de s’occuper des petites entorses. Cette évolution ne fait pas l'unanimité : Charles Bonnaire de Sud Radio s'est rendu dans une pharmacie, où les avis sont partagés. 

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"J'aurais peur d'un mauvais diagnostic"

Anne, venue pour soigner un rhume, serait prête à faire confiance à son pharmacien pour le soin de certaines petites maladies : "pour des choses pas forcément très graves, et qui ne nécessitent pas une visite chez le médecin, je fais confiance à mon pharmacien, pour moi en tant qu'adulte. Mais pour mon enfant de deux ans, je vais plutôt privilégier le pédiatre." 

Tout le monde n’est pas prêt à franchir ce pas, comme Alex, qui va continuer à privilégier son médecin traitant. "Je suis plutôt à l'ancienne, confie-t-il à Charles Bonnaire de Sud Radio, je préfère aller chez mon généraliste. C'est pas que je ne suis pas prêt à faire confiance, mais je suis habitué avec mon médecin traitant, et j'aurais peur d'un mauvais diagnostic". Alex redoute aussi les dérives des pharmaciens, qui vont en profiter pour vendre le plus de médicaments possibles.  

"Certains pharmaciens seront obligés à nouveau de repasser au comptoir"

Pour Claire, pharmacienne depuis plusieurs années, lui confier certains soins, ainsi qu'à ses collègues, va permettre de faire le tri dans la profession : "certains pharmaciens qui étaient tentés de rester en back office, uniquement sur la partie commerciale, seront obligés à nouveau de repasser au comptoir, d'être formés correctement et de reprendre un rôle d'acteur de santé".

Un rôle déjà élargi cette année : dès cet automne, tous les pharmaciens pourront vacciner contre la grippe.