"Les Kurdes ont combattu pour l'humanité, c'est aujourd'hui à l'humanité d'être aux côtés des Kurdes"

Plusieurs manifestations kurdes sont prévues en France samedi 12 octobre, en réaction à l’offensive turque contre les forces kurdes le 9 octobre, baptisée "printemps de la paix". Après avoir bombardé plusieurs localités au nord-est de la Syrie, l’armée turque a lancé une opération terrestre. Le président turc Erdogan dit viser des terroristes. Au conseil démocratique kurde de Paris, des membres de la communauté kurde ont réagi au micro de Grace Leplat de Sud Radio.

Après avoir bombardé plusieurs localités au nord-est de la Syrie, l’armée turque a lancé une opération terrestre baptisée "Printemps de la paix". AFP

Assaut en Syrie : "c'est la honte pour le monde entier"

La télévision diffuse les informations en turc et ils sont plusieurs attablés, le nez levé, attentifs comme Salma, qui a ressenti le besoin d’être parmi les siens : "on est en colère et inquiets pour les civils, les enfants, confie-t-elle au micro de Grace Leplat de Sud Radio. C'est une catastrophe humanitaire".

La commission européenne, la France et l’Allemagne ont appelé la Turquie à mettre un terme à son attaque mais il était trop tard. Olan enrage en voyant les images de familles fuir sur les routes : "c'est la honte pour le monde entier, s'insurge-t-il. Si je devais résister, j'irai moi-même résister aussi".

 

 

"Les Kurdes ont combattu pour l'humanité, c'est aujourd'hui à l'humanité d'être aux côtés des Kurdes"

Les Kurdes, pourtant les alliés des Occidentaux dans la lutte anti-djihadiste, se sentent aujourd’hui abandonnés. Agit Pola, le porte-parole du conseil démocratique kurde, attend une action de la communauté internationale : "les Kurdes ont combattu pour l'humanité, c'est aujourd'hui à l'humanité de pouvoir vraiment aider et être aux côtés des Kurdes".

Agit Pola dénonce une stratégie bien ficelée : "la Turquie a l'objectif de déstabiliser cette région dans un premier temps, mais deuxièmement, qu'ils le disent ouvertement, placer plus de trois millions de réfugiés arabes qui se trouvent actuellement en Turquie dans cette zone soi-disant de sécurité, qu'ils veulent établir. Ça revient à un changement de démographie, mais également à un nettoyage ethnique".

 

 

Agit Pola espère particulièrement une action française. Il rappelle le rôle joué par la France au côté de l’Angleterre dans la division du peuple kurde : "c'est avec l'accord de Sykes-Picot que le Kurdistan a été divisé en quatre parties et c'est aujourd'hui à la France de réparer cette erreur énorme qui a coûté cent années de division et de destruction".

Un rassemblement est organisé samedi 12 octobre à Paris. Selon le conseil démocratique kurde, au moins 20.000 personnes sont attendues.

 

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