Les Hautes-Alpes font face à la plus importante épidémie animale depuis 20 ans

(image d'illustration)
JEFF PACHOUD / AFP

Les Hautes-Alpes sont confrontés à une situation aussi dramatique qu'exceptionnelle : le département fait face à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de deux décennies.

C’est une situation exceptionnelle qui se déroule en ce moment dans les Hautes-Alpes. Le département est en effet confronté à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de deux décennies. Cette maladie, qui touche bovins, ovins et chevaux se traduit par, une fièvre agressive, un gonflement de l'abdomen et des hémorragies au niveau des orifices naturels. Les bêtes peuvent mourir en 24 heures si elles ne sont pas soignées par antibiotiques. 

Pourquoi une telle contagion ? Pour le directeur du laboratoire vétérinaire départemental des Hautes Alpes, Dominique Gauthier, la réponse se trouve sous nos pieds : "La bactérie de la fièvre charbonneuse est extrêmement résistante. Elle peut sporuler et cette spore va se conserver dans les sols, à des endroits que l’on appelle "champs maudits",là où par exemple, des corps ont pu être enterrés pendant la guerre. Cette bactérie peut ressortir en cas de conditions météorologiques extraordinaires. Les pluies torrentielles que nous avons vécues cette année pourrait donc être l’explication".

Forcément, avec un tel virus en liberté, les éleveurs sont inquiets. Entre la peur de perdre des bêtes, l’inquiétude de se faire dépouiller de sa clientèle et la panique d’attraper soi-même la maladie, le cœur des éleveurs n’est pas à la fête ce moment. Sandrine Hauser, productrice de lait et secrétaire générale de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) dans les Hautes Alpes, suit les conseils du gouvernement à la lettre pour voir enfin la maladie éradiquée: "Nous avons reçu toutes les mesures de précaution, nous savons ce qu’il faut faire. Maintenant, Il faut que les gens nous fassent confiance, nous ne mettrons jamais de viande ou de produits qui présentent un risque en vente".

Pour prévenir d’autres épidémies et protéger animaux et éleveurs, la meilleure solution reste donc la vaccination. Mais une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, le laboratoire espagnol qui les produit est actuellement en rupture. "Normalement le ministère de l’Agriculture gère un stock de vaccins afin de pouvoir faire face à différents cas de figure mais nous n’avons jamais fait face à un foyer de l’ampleur de celui d’aujourd’hui avec la fièvre charbonneuse. Tout a donc été épuisé et il faudra attendre courant septembre pour que des vaccins soient remis sur le marché" explique Dominique Gauthier.

À l’heure actuelle, 50 bêtes sont mortes et 13 communes sont touchées. Du côté des éleveurs, l’agence régionale de santé (ARS) recense 103 personnes entrées "potentiellement en contact" avec la maladie. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif.

Propos recueillis par Fanny Bleichner

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