éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Société

Les Français n’ont plus le moral, révèle une étude du ministère de la santé

Alors Yves, vous êtes tombés sur une étude inquiétante du Ministère de la Santé qui montre le moral des français a chuté en 2018.

Ou il s’agit d’une étude très technique faite chaque année par la direction des statistiques du Ministère de la santé auprès de 3.000 français. Ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit d’un très large sondage qui a été commencé en octobre dernier avant la crise des gilets jaunes.

Et cette étude montre une forte chute du moral des français qui s’inquiètent notamment pour la dégradation de leur propre situation. La France est déjà connue pour être la championne du monde du pessimisme. Mais là il y a un chiffre qui inquiète les pouvoirs publics. C’est que pour 8 Français sur 10 les inégalités ont augmenté en 2018. Par ailleurs, chez les plus de 65 ans, on est même passé de 56 % d’optimistes en 2017 à 43 %, soit un recul de 13 points en un an.

C’est la grande nouveauté de cette photo de famille des français. Car traditionnellement les seniors étaient toujours optimistes.
De quoi les Français sont-ils inquiets, selon cette étude ? Eh bien ça ne vous étonnera pas. Mais cette année pour la première fois, c’est de la baisse de leurs revenus et donc de leur pouvoir d’achat. D’habitude, les Français classaient la difficulté d’accès aux soins comme la première inégalité intolérable. C’est donc un changement radical.

Un Français sur deux juge ainsi que les ouvriers non qualifiés doivent gagner 25 % de plus et que les PDG doivent gagner 40 % de moins. Concernant les aides sociales, 74 % des Français sont hostiles à une baisse des allocations familiales et 78 % à une réduction des APL. Bref on y retrouve tout ce qui a émaillé le Grand débat national à la suite de la crise des Gilets jaunes avec une vertu plus scientifique. Mais tout n’est pas noir. Par exemple : 62 % des Français estiment que le système de sécurité sociale fournit une protection suffisante. Et surtout 86 % sont satisfaits du service rendu par les médecins libéraux contre moins d’un sur deux pour les urgences de l’hôpital. Voilà de quoi donner à réfléchir à nos ministres. Car un pays sans confiance, c’est un pays qui s’enfonce progressivement dans la dépression

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