Les femmes de policiers en colère se mobilisent

Après une journée de protestation des policiers, les syndicats de police et le ministère de l'Intérieur ont trouvé un accord, le 19 décembre 2018 au soir. Les policiers obtiennent des revalorisations de salaire. Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, promet aussi de s'attaquer au chantier du paiement des heures supplémentaires en souffrance. Mais les femmes des policiers en colère attendent de voir et poursuivent le mouvement : avec le Mouvement des policiers en colère, les Femmes de forces de l'ordre en colère (FFOC) vont se mobiliser devant le commissariat du 8e arrondissement de Paris vers 20 heures 30,ce jeudi 20 décembre 2018. Objectif : dénoncer les conditions de travail toujours plus compliquées de leurs compagnons. Mathilde Choin de Sud Radio a rencontré Morgane et Nadine, toutes les deux compagnes de CRS et de gendarme. Elles se disent aujourd'hui fatiguées.

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"On tremble tout le temps, mon mari part le matin avec la boule au ventre"

Son portable posé sur le canapé, Morgane attend des nouvelles de son mari. CRS, il passera cette année Noël à Dunkerque, loin de ses deux filles, pour la première fois de sa carrière. "On n'en peut plus, on ne voit plus nos familles, on ne voit plus nos maris, on n'a plus de vie. On tremble tout le temps, mon mari part le matin avec la boule au ventre parce qu'on ne sait pas ce qu'il va se passer dans la journée. On ne peut plus rien prévoir. Pour la vie de famille, forcément, c'est compliqué."

"Compliqué" après avoir protégé les cinq mobilisations des "gilets jaunes" à Paris, "compliqué" aussi, plus généralement, depuis trois ans et les attentats du 13-Novembre. La vie de famille n'est plus la même : "On vit réellement cachés. J'ai demandé aux enfants de ne pas dire, à l'école, que leur papa était policier. Sur les papiers de l'école, j'écris que mon mari est fonctionnaire, tout simplement. Il ne part pas et ne vient pas à la maison en uniforme, on fait en sorte que peu de gens le sachent".

"On en a marre de s'excuser que nos hommes fassent leur métier"

Se protéger du regard des autres, Nadine aussi le fait. Compagne de gendarme, elle évite de plus en plus les réseaux sociaux et lit moins tous les commentaires : "On est obligé de justifier que ce qu'il fait, c'est parce que c'est son travail. On en a marre de s'excuser que nos hommes fassent leur métier. Je n'ai pas envie que mon mari revienne avec un œil en moins".

Malgré tout, les deux femmes sont unanimes : elles ne verraient pour rien au monde leurs conjoints faire un autre métier.