Les agriculteurs manifestent: ils veulent voir la couleur de la revalorisation des prix

En cette semaine consacrée habituellement au Salon de l'agriculture à Paris, les agriculteurs se mobilisent pour dire stop aux fermes qui ferment. La Coordination Rurale, deuxième syndicat agricole, appelle à manifester pour dénoncer le malaise agricole ce jeudi à 10h sur l'esplanade des Invalides à Paris… Les agriculteurs attendent toujours le retour de valeur promis par la loi Egalim... Pour l’instant, les agriculteurs restent la variable d’ajustement des négociations commerciales.

(JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Aurélie est agricultrice cultive des céréales sur son exploitation de 150 hectares en Eure-et-Loire… Mais aujourd’hui elle n’arrive pas à vivre de son métier. "Je travaille pour faire vivre mon exploitation. On a des charges de travail très importantes, on fait vivre nos exploitations mais on ne peut pas rémunérer notre travail".  Après une année de récoltes difficile, le prix des matières premières a augmenté mais Aurélie n’en a pas vu la couleur:

"Certes aujourd'hui le prix du blé est élevé, mais faut savoir qu'on l'a vendu à la moisson pour la plupart, puisqu'on avait besoin de trésorerie. Nos matières premières augmentent mais on n'en profite pas. Ce sont les spéculateur qui en profitent. Les seuls profiteurs, c'est la grande distribution. Ils veulent acheter nos productions plus bas que bas."

La loi Egalim est censée permettre de rémunérer plus justement les agriculteurs. Des négociations viennent de se terminer en ce début de semaine avec la grande distribution, mais le compte n'y est pas selon Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale. "Les prix rémunérateurs, c'est les coûts de production + salaire de l'agriculteur + rémunération des capitaux. Avec ça, on a un prix rémunérateur et donc une agriculture pérenne sur laquelle on pourra compter dans plusieurs années !" En France, environ 1.500 agriculteurs déposent le bilan chaque année.

 

"De la viande de qualité dans la restauration collective"

"Quand on parle de souveraineté alimentaire, faut faire aussi de la préférence française. De la contractualisation pour une une viande de qualité avec une bête à l'hectare pour utiliser tout notre poumon vert, tout le centre de la France où on ne peut pas faire autre chose que de la viande. On peut y mettre des aides écologiques, et faire des contrats avec nos agriculteurs pour envoyer cette viande de qualité vers nos cantines, nos EHPAD, les hôpitaux, la restauration collective, et ainsi faire de l'occupation du territoire, sinon il y a des endroits où il n'y aura plus d'agriculteurs !" - Bernard Lannes, président de la Coordination rurale