L'édito éco d'Yves de Kerdrel - Le création de ports pour surmonter l'après-Brexit

C'était une promesse de campagne du Premier ministre britannique : la création de dix ports francs pour dynamiser le littoral. Voilà donc Boris Johnson en pleine action, mais quel en sera l'impact concrètement ?

Boris Johnson tient à concrétiser ses promesses faites au peuple britannique (Photo by Justin TALLIS / AFP)

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Boris Johnson a annoncé dimanche vouloir créer dix ports francs au Royaume-Uni afin de stimuler l’économie du pays après le Brexit ?

Oui ce n’est pas une surprise car c’était une promesse de campagne de Boris Johnson. C’était aussi une mesure attendue de longue date par plusieurs ports britanniques pour les aider à surmonter l'après-Brexit. Le gouvernement britannique vient donc d’annoncer qu'il souhaitait créer jusqu'à dix ports francs outre-Manche d'ici à la fin 2021.

De quoi s’agit-il ? De zones qui pourront se situer en bord de mer ou à l'intérieur des terres, et ne supportant pas de droits de douane. Sur les importations de marchandises tant que ces dernières ne les auront pas quittées pour entrer sur le marché domestique. Elles n'en supporteront donc pas du tout quand les produits seront réexportés. Les matières premières importées pour être incorporées sur place à des produits finis ne supporteront pas de droits non plus. Ça veut donc dire que les entreprises installées dans ces ports francs seront exemptées de déclarations douanières complètes sur leurs importations. Pour ces zones franches ce peut être un énorme ballon d’oxygène poussant à la création d’entreprises et donc à la création d’emplois ;

Boris Johnson veut aller vite. Alors comment cela va se passer ?

Les Britanniques vont ouvrir une consultation de 10 semaines, à l'issue de laquelle les villes qui souhaitent bénéficier de ce statut pourront concourir. On sait déjà que parmi les ports intéressés pourraient figurer Teesport, Bristol, Grimsby, Hull, Liverpool ou encore Belfast. Les villes retenues devraient être annoncées avant la fin de l'année car Boris Johnson veut aller très vite. Il faut savoir que la création de tels ports francs était quasiment impossible à l'intérieur de l'Union européenne,

Donc Boris Johnson compte sur cette mesure pour montrer l'agilité retrouvée du Royaume-Uni sur le terrain commercial dans l'ère post-Brexit. On retrouve derrière cette idée son projet de bâtir comme il le souhaite un Singapour-sur-Tamise. C’est-à-dire une sorte de tigre économique, libre de toute contrainte, au beau milieu d’une Europe qui pèche justement par son trop plein d’interdits.