Le "village de la colère" des pompiers en plein Paris

Des pompiers investissent la place de République à Paris. À l’appel du syndicat Sud-SDIS, quelques dizaines de pompiers professionnels ont monté une cabane des soldats du feu. Ils veulent occuper la place toute la semaine pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de rémunération et de reconnaissance.

Les pompiers au bord de l'implosion (Photo de Zakaria ABDELKAFI / AFP)

Un reportage de Clément Bargain sur place, au coeur des revendications

 

Place de République à Paris, les pompiers en ont assez et le montrent. Faisant suite à l’appel du syndicat Sud-SDIS, plus d'une trentaine de pompiers professionnels ont investi les lieux avec des tentes, des braseros, et une organisation millimétrée. L'axe des revendications est triple : de meilleures conditions de travail, une rémunération à la hauteur des risques pris et une reconnaissance dont ils souffrent actuellement, comme ce fut le cas à Chanteloup-les-Vignes, il y a tout juste un mois.

Eddy travaille dans une caserne du Val-d’Oise et sur place, le programme s’annonce chargé…

"En plus de nos revendications, on vient former les gens aux gestes de premier secours et faire des dons du sang" décrit Eddy, pompier dans le Val d'Oise

Les pompiers vont rester ici jour et nuit jusqu’à vendredi, malgré le froid. Jean-Pierre Darmuzey est secrétaire général du syndiact SUD Sdis en Gironde...

"On essaie de faire un mouvement un peu inédit parce qu'aujourd'hui on nous met sur des parcours de manifestation, on va d'un point A à un point B et comme le 15 octobre, on se fait gazer"

Cette mobilisation, c’est l’occasion de dialoguer, de partager avec la population. Brian passait Place de la République par hasard et a été convaicnu rapidement de la légitimité de la cause…

"Ça permet vraiment de comprendre le métier de pompier. Il y a un manque de personnel, ils attendent des aides de l'État" raconte Brian, un passant

Ce manque d’effectif, Salim Garrouche - adjudant à la caserne de Nîmes, dans le Gard - le déplore aussi :

"On doit faire face à des interventions de plus en plus nombreuses et pallier de plus en plus d'autres services publics comme le SAMU et la police qui, eux aussi, manquent de moyens. mais pour aider les gens, il faut des moyens adaptés" regrette Salim Garrouche, adjudant à Nîmes

Après les soutiens, le 5 décembre ?

Les soutiens envers les pompiers sont nombreux… Maria est venue avec ses petits-enfants…
Après plusieurs jours d’occupation, les pompiers rejoindront ensuite les cortèges de jeudi contre la réforme des retraites.

"J'explique aux enfants que les pompiers se battent pour nous. Tous ces gens qui travaillent pour les autres devraient avoir de la reconnaissance" Maria, grand-mère venue soutenir les pompiers

Après plusieurs jours d'occupation, les pompiers rejoindront le cortège du 5 décembre pour protester contre la réforme des retraites.