Le regard libre d'Élisabeth Levy sur les déclarations d'Olivier Véran : "La politique c’est le volontarisme, pas l’impuissance acceptée"

Une déclaration d’Olivier Véran vous fait réagir.  Et même bondir ! Devant la Commission des lois du Sénat, il a expliqué que "même avec la meilleure organisation et tous les approvisionnements qui arriveraient en temps et en heure, nous ne pourrions avoir vacciné tous les publics fragiles d'ici à l'été". Il pense arriver à 15 millions, […]

Une déclaration d’Olivier Véran vous fait réagir. 

Et même bondir ! Devant la Commission des lois du Sénat, il a expliqué que "même avec la meilleure organisation et tous les approvisionnements qui arriveraient en temps et en heure, nous ne pourrions avoir vacciné tous les publics fragiles d'ici à l'été". Il pense arriver à 15 millions, mais on compte 25 à 30 millions de personnes fragiles. Donc il y aura des mesures contraignantes jusqu'à l'automne.  

Sur TF1, il a changé de discours. 

Il a dû prendre une avoinée d’autant plus que Merkel a annoncé que tous les Allemands seraient vaccinés à la fin de l’été. 70 millions de personnes d’ici fin août, "si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales".

Reste qu’on croit plus sa parole devant les sénateurs car ça l’engage juridiquement. Dans les médias, il peut dire blanc le lundi, gris le mardi et noir le mercredi. En prime, on se fait engueuler par le président, énervé par "66 millions de procureurs", en oubliant qu’il en faisait partie il y a peu, quand il a fait savoir par voie de presse qu’il était furieux contre son gouvernement. 

On peut les comprendre : quoi qu’ils fassent, ils sont critiqués. 

Faux, tout le monde salue leur réactivité économique. En revanche, la stratégie sanitaire dictée par la peur et le précautionnisme fou.Exercer le pouvoir, c’est prendre des coups : ça s’appelle la responsabilité politique. Le problème, ce sont les vrais procureurs. Mais Macron ne court aucun risque pénal. Alors son numéro de Caliméro, ce n’est pas le jour. 

Ce n’est pas de leur faute si on manque de vaccins. 

C’est de la mienne ? En campagne, jurent qu’ils vont changer la vie, changer la France, changer le monde. Et là, quatre mois avant l’échéance: on n’y arrivera pas. On prétend devenir la première nation quantique (les microparticules) mais on renonce à vacciner 30 millions de gens en quatre mois. La politique c’est le volontarisme, pas l’impuissance acceptée. On leur pardonnerait d’échouer, pas de ne rien tenter. 

Il y a des problèmes d’approvisionnement ? Bougez-vous. Essayez des choses. Netanyahu a par exemple appelé le patron de Pfizer, il a payé et promis au labo toutes les données). Au pire qu’Olivier Veran nous dise en mai: j’ai tout tenté ça n’a pas marché. Il est temps que nos dirigeants se rappellent que nous sommes le pays de D’Artagnan et de Cyrano, où on apprenait autrefois aux enfants "qu’impossible n’est pas français".