Le regard libre d'Élisabeth Lévy sur le procès de Valeurs Actuelles qui a caricaturé Daniel Obono : "La liberté d’expression n’a de sens que si on défend celle de ses adversaires

Élisabeth Lévy revient sur le procès de Valeurs Actuelles dans l’affaire Obono qui avait lieu mercredi avec notamment le témoignage de Philippe Val. 

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Élisabeth Lévy revient sur le procès de Valeurs Actuelles dans l’affaire Obono qui avait lieu mercredi avec notamment le témoignage de Philippe Val. 

En août 2020, Valeurs Actuelles publie des fictions uchroniques (des personnages contemporains transportés dans le passé). Danièl Obono est montrée campée au XVIIIè siècle, en Afrique, vendue à des esclavagistes arabes et représentée avec des chaines autour du cou. De France Inter à Macron, toutes les belles âmes hurlent au racisme. Même Charlie Hebdo se joint à la curée. VA présente ses excuses. Le Parquet ouvre une enquête et une flopée d’associations se constituent partie civile. 

Avant l’audience de mercredi devant la 17 ème chambre correctionnelle, c'est la mobilisation générale des Insoumis sur les réseaux sociaux et devant le tribunal. Danièl Obono est érigée en sainte et martyre. 

Vous pouvez comprendre qu’elle ait été blessée, non ?

Admettons, même s’il est curieux que quelqu’un qui a traité Jean Castex « d’homme blanc de droite cumulard et gros techno » se plaigne d’être ramenée à la couleur de sa peau. 

Pour Philippe Val, l'ex-patron de Charlie qui vit depuis quinze ans sous protection policière, et ne partage pas les idées de VA, dit que ce texte inconfortable mais ne sort pas des clous. Le tribunal ne fait pas de la morale mais du droit. 

Quand on donne des coups, il faut savoir en encaisser. Philippe Val rappelle que Daniel Obono a déclaré dans la presse britannique qu’il fallait comprendre les frères Kouachi. 

Pur lui, c'est un procès politique. Ce qui ne passe pas, c’est que le texte parle des traites arabes et africaines. Citant Churchill « un peuple qui oublie son histoire est condamné à la revivre », il estime qu’en privant les peuples arabes et africains de devoir de mémoire on leur interdit l’accès à la démocratie. 

Il observe que les ciseaux de la censure sont passés de la main de l’Etat à celle de l’opinion dont le ministère public se fait le porte-parole. 

Philippe Val n’avait que des coups à prendre. Et il en a pris. Il a subit les torrents d’invectives de la gauche indigéno-médiapartiste. Mais pour lui la liberté d’expression n’a de sens que si on défend celle de ses adversaires. Il refuse de plier, devant la menace islamiste et devant l’opinion. Honneur, courage : c’est ça l’esprit Charlie.