Le regard libre d'Élisabeth Lévy qui défend Gabriel Attal : "Au train où il progresse, il faudra bientôt déclarer hors-la-loi les plaisanteries et les plaisantins"

Une blague de Gabriel Attal fait "polémique". Mais Élisabeth Lévy prend la défense du porte-parole du gouvernement et trouve qu'on en fait trop à ce sujet.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Une blague de Gabriel Attal fait "polémique". Mais Élisabeth Lévy prend la défense du porte-parole du gouvernement et trouve qu'on en fait trop à ce sujet.

Oui, c'est une polémiquette qui est née d'une vidéo du 31 mai exhumée ce mardi par David Guiraud, responsable jeune des Insoumis. Ça se passe au prix Clémenceau, lors du concours d’éloquence des armées. 

L’un des finalistes, l'aspirant-commissaire Hugo Mitifiot conclut ainsi son intervention : 

"Personnellement, mon héros de l'année, ce n'est pas Elon Musk qui annonce que la pelouse sera verte sur Mars. Ce n’est pas Didier qui rappelle Benzema pour sauver la patrie quand l’heure viendra. Non, moi, ça a été Charles-Henry, 22 ans, qui me livrait mes sushis à 22 heures". 

Gabriel Attal, membre du jury, le taquine alors.

"J'ai compris que c'était Charles-Henry qui vous livrait vos sushis à 22 heures. Du coup, je voulais savoir où est-ce que vous habitez ?"

Suite au éclats de rire, l'animateur réagit : "L’humour, parfois, change de camp"

l'aspirant-commissaire répond alors à Gabriel Attal : "Mais les clichés sont toujours dans le même camp. Parce que, figurez-vous que j’habite à Marseille. Peut-être qu’à Paris, les Karim sont dans la rue, mais à Marseille, ils sont à l’université".

À cette séquence, s'en est suivi une salve de commentaires acerbes. Beaucoup d’internautes saluent la répartie cinglante de l’officier, jusqu’à notre cher Eric Revel : "Incroyable. Cette suffisance de ce petit monsieur de la république en marche. Quelle arrogance ces gens de pouvoir, marcheurs piétinants le respect et la dignité des autres".

Vous êtes d’accord avec Eric, non ? 

Avec toute l’amitié et le respect que j’ai pour lui, il charrie. Gabriel Attal n’était pas dans son rôle de porte-parole. C’est une blague, peut-être lourdingue mais nullement scandaleuse. 

Cela a fait rire la salle car il parle du réel. Une écrasante majorité des chauffeurs et livreurs sont issus de l’immigration. On nous a même vendu Uber comme une solution au problème du chômage des banlieues. Ils s’appellent rarement Charles-Henry et les nounous sont rarement des Marie-Chantal. C’est un fait. On peut le dénoncer et estimer que c’est une preuve de discriminations ou d’une immigration incontrôlée de gens sans qualifications. Le nier est absurde. La définition du politiquement correct : ne pas voir ce qu’on voit. Le réel ne passera pas. 

Et puis, le cliché c’est plutôt la réplique prétendument cinglante. C'est totalement hors-sol. C’est bien connu, les dealers des quartiers nord s’appellent Louis ou Enguerrand.

Les réactions sont symptomatiques d’un fâcheux esprit de sérieux. Au train où il progresse, il faudra bientôt déclarer hors-la-loi les plaisanteries et les plaisantins.