Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Plus les écolos aiment la nature, plus ils détestent l’homme et les productions de son esprit qu’on appelle culture"

Ce vendredi matin, Élisabeth Lévy parle des chênes qui vont permettre de reconstruire Notre-Dame de Paris.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Ce vendredi matin, Élisabeth Lévy parle des chênes qui vont permettre de reconstruire Notre-Dame de Paris.

Les gestes architecturaux et autres élucubrations modernoïdes ayant été abandonnés, Notre-Dame sera reconstruite à l’identique, avec sa flèche dessinée par Viollet-Le-Duc et la charpente en bois appelée la forêt, préférée aux structures métalliques et au béton utilisés à Nantes et à Reims.

Mille chênes seront nécessaires pour le socle de la flèche (le tabouret), le transept et les travées et autant pour la charpente. Attention, pas n’importe quels chênes mais des arbres vénérables de bonne graine et de haute futaie comme dirait Brassens : quarante mètres de haut dont 20 sans nœud ni défaut. 

Où va-t-on les trouver ? 

Dans toutes nos belles provinces, le monde forestier s’est mobilisé pour offrir gracieusement ses plus beaux arbres à la production, comme l’avaient peut-être fait leurs ancêtres il y a mille ans. La moitié des arbres vient des forêts publiques, l’autre des domaines privés. Roselyne Bachelot et Julien Denormandie ont assisté vendredi dernier au marquage du premier arbre sélectionné, un spécimen âgé de 230 ans situé dans la forêt de Bercé dans la Sarthe. Après 12 à 18 mois de séchage, ils seront transportés fin 2022 vers les ateliers des charpentiers.  

Enfin un sujet qui ne suscite pas de polémique, non ?

Vous vous trompez ! Des écolodingos ont lancé une pétition adressée à Barbara Pompili qui a déjà recueilli 41.000 signatures pour dénoncer un écocide. Un scandale puisque la charpente ne se verra pas, disent-ils, insensibles à la beauté mystérieuse du génie humain. Or, 2000 chênes représentent 0,2 % de la récolte annuelle pour la construction ou l’ameublement. Ils parlent joliment de reflexe Idefix en référence au chien d’Obélix qui pleure quand son maître arrache des arbres comme des fétus de paille. 

On peut comprendre que des écologistes défendent la nature. 

Encore faut-il savoir pourquoi. L’écologie raisonnable ne prétend pas interdire à l’homme d’exploiter la nature mais limiter cette exploitation pour que la planète reste habitable. Seulement dans leur vision religieuse de la terre (la mère Gaia), l’homme n’est qu’une source de nuisance. Pour ces écolos-glands, "un arbre centenaire fait partie de notre patrimoine". Bien plus qu’une cathédrale presque millénaire. Plus ils aiment la nature plus ils détestent l’homme et les productions de son esprit qu’on appelle culture.