Le regard libre d'Élisabeth Lévy - Je suis "vachette" !

Notre éditorialiste revient sur le discours animaliste de Joaquin Phoenix aux Oscars. Lequel survient peu après l'abolition des vachettes dans Intervilles sous la pression médiatique. Alors que "de témoignages concordants, celles-ci étaient cajolées"...

Le regard libre d'Elisabeth Lévy

Retrouvez le regard libre d'Élisabeth Lévy chaque matin, du lundi au vendredi à 8h15 sur sudradio.fr

Je voulais revenir sur le discours de Joaquin  Phoenix lors de la cérémonie des Oscars.  

2019 a été l’année des femmes (comme 2018 d’ailleurs), et 2020 sera l’année des bêtes. Ou celle de la convergence des luttes entre les unes et les autres. Récompensé pour son rôle dans Joker, Joaquin Phoenix n’a pas parlé des violences sexuelles, ni du déclassement - pourtant sujet du film - mais de la cause animale. Du reste, pour lui, c’est le même combat. « Qu’on parle d’égalité hommes-femmes, de racisme, de droits des autochtones, des animaux, des homosexuels, il s’agit toujours de lutter contre l’injustice » Et d’ajouter, sous les vivats : « une nation, une espèce, un genre ne saurait dominer les autres. »

Il ne s’agit pas seulement de traiter les animaux humainement, mais de les traiter comme des humains. C’est l’animalisme qui va de pair avec l’alimentation végan : ni viande ni lait ni œufs….

En France, cela reste très minoritaire. Mais il y a un “mais”.

Minoritaire, mais en progression. Et les carences doivent rendre hargneux, la preuve par les attaques de boucherie. 

Chez les people, ce mouvement est très répandu, on arrête la viande et on le dit. Au déjeuner des nommés au César au Fouquets dimanche, il y avait même un menu végétarien. Entre « Bavaroise de Topinambour » et « Chou farci aux choux ».

Le menu des Césars, ça ne concerne pas grand monde, la guerre de la vachette si.

Nagui produit la nouvelle version d’Intervilles, cet été sur France 2. Sous la pression semble-t-il des associations, il a annoncé qu’il n’y aurait pas de vachettes car elles y seraient maltraitées. Levée de boucliers, appel au boycott des villes taurines qui s’estiment diffamées, saisine du CSA, groupe Facebook, mobilisation d’anciens animateurs comme Simone Garnier, Julien Lepers, et même d’Hanouna. Seulement, Intervilles sans vachettes », c’est comme un 14 juillet sans feu d’artifice, une élection présidentielle sans Lutte ouvrière ou Taratata sans musiciens. 

J’ironise mais le bien-être animal est une question sérieuse. 

Absolument. Pas un éleveur ne se soucie pas du bien-être de ses bêtes. Les tuer oui, mais après une belle vie et d’une mort digne. Alors le débat sur la corrida devient légitime. 

Mais pour les animalistes (ou anti-spécistes), les animaux doivent être traités comme des égaux, interdit toute collaboration homme/animal, toute exploitation. 

De témoignages concordants, les vachettes d’Intervilles étaient cajolées. Teddy Labat, qui les élève comme son père le faisait du temps de Guy Lux, raconte qu’elles travaillent deux mois par an, gambadent le reste du temps, puis prennent leur retraite à 20 ans. 

Faute d’emplois dans les spectacles, ces vachettes s’éteindront. Comme toutes les races élevées pour nourrir les hommes, vaches, cochons et couvées. En somme, les activistes aiment tellement les animaux qu’ils vont les faire disparaître.

Alors, je suis vachette !