Le regard libre d'Élisabeth Lévy - ""Je ne me soumettrai pas", a dit Mila. Et nous, nous ne la lâcherons pas"

Ce vendredi, Élisabeth Lévy évoque le procès des harceleurs de Mila qui avait lieu hier à Paris

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Ce vendredi, Élisabeth Lévy évoque le procès des harceleurs de Mila qui avait lieu hier à Paris

C'est le premier procès du cyberharcèlement mené par le Pôle national contre la haine en ligne. Le débat sur le fond avait été renvoyé au 21 juin. 

Mila était là, souveraine guerrière et flamboyante. Son courage impressionne : depuis ce samedi de janvier 2020 où elle répond aux insultes homophobes et francophobes d’un dragueur éconduit par des propos très virulents sur l’islam, sa vie a basculé. Insultes, menaces de mort et de viol, "chienne", "pute française", "on va t’enterrer vivante": plus de 100.000 messages haineux. Elle vit sous protection policière et a quitté l’école. 

Dans le box, il y a 10 hommes et 3 femmes de 18 à 30 ans. Il faut rappeler que tous ne sont pas musulmans, la plupart sans casier. Beaucoup se sont joints à la meute par réflexe conformiste ou même pour augmenter le nombre de leurs followers. Ils n’avaient probablement aucune conscience de ce qu’ils faisaient. 

Quelles sanctions doit prononcer la Justice ?

Désormais, chacun doit savoir que même protégés par un écran et un pseudonyme, ceux qui menacent et insultent peuvent être jugés et punis. Sur le papier menaces de mort : cela peut aller jusqu'à 45.000 euros d’amende et 3 ans de prison plus des dommages-intérêts à la victime. 

Soyons sérieux : on ne punit pas les propos même violents comme les actes. D’ailleurs, d’après les policiers, ceux qui aboient ne mordent pas. Certes, mais l’affaire Paty a montré qu’ils pouvaient susciter des vocations. Mais il est peu probable qu’il y ait des peines de prison ferme. 

Des amendes peuvent être dissuasives. Mais le bannissement de Twitter aussi. Pour l’instant, il n'existe qu'une suspension d’une semaine maximum. Il faut bannir des années voire à vie ! Ils peuvent ouvrir de nouveaux comptes mais tiennent à leur identité numérique. 

Cependant, le seul remède à terme est de faire comprendre à ces jeunes que des mots jetés en quelques secondes peuvent avoir des conséquences graves. Que dire à quelqu’un "je vais te tuer" n’a rien d’anodin. C’est l’affaire de tous : école, familles, médias, pouvoir. 

Je comprends que, pour des croyants, entendre parler de leur religion en termes insultants soit douloureux. Mais insulter une religion n’est pas insulter des croyants. "Je ne me soumettrai pas", a dit Mila. Et nous, nous ne la lâcherons pas.