Le regard libre d'Élisabeth Lévy - "Je n’ai rien contre le breton et les autres. Mais l’urgence est d'apprendre le français à tous les Français"

Ce mercredi, Élisabeth Lévy évoque un sujet qui est passé un peu inaperçu mais qui a retenu son intention : la protection des langues régionales françaises.

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Ce mercredi, Élisabeth Lévy évoque un sujet qui est passé un peu inaperçu mais qui a retenu son intention : la protection des langues régionales françaises.

Le 8 avril, l’Assemblée Nationale a définitivement adopté par 247 voix dont celles de 100 députés LREM contre 76 (dont 50 députés LREM) la loi sur la protection patrimoniale et la promotion des langues régionales. On a vu l’élu breton Paul Molac, entonner "Bro gozh ma zadoù" (Vieux pays de mes ancêtres) sur les marches du Palais Bourbon. 

Coup de théâtre le 22 avril, date limite de promulgation du texte par le Président, saisine du Conseil Constitutionnel par soixante députés LREM. Ils ont été travaillés au corps par Aurore Bergé pour Jean-Michel Blanquer. Les défenseurs du texte hurlent au jacobinisme. Encore des dominés. 

Deux dispositions irritent particulièrement le Ministre de l'Éducation Nationale

  • L' enseignement immersif dans l’Education Nationale: les profs du public enseigneront, pendant le temps scolaire en breton, basque ou catalan. 
  • Le forfait scolaire : les villes ne disposant pas d’écoles privées bilingues devront financer la scolarité de leurs administrés dans d’autres communes (500 à 1500 € par élève). 

Mais ces langues sont une richesse, pas un problème. 

Oui. Je suis un jacobine repentie, convaincue par André Markozwicz (traducteur de Dostoievski en breton). À qui incombe la préservation de cette richesse ? Faut-il accorder aux langues régionales l’égalité avec la langue de la République (article 2 de la constitution) ? 

Nous ne sommes plus au XIXè siècle quand il fallait unifier la France et imposer à la dure le français aux petits Bretons. Aujourd’hui, il y a 4 063 élèves dans 50 établissements Diwan. Excellent niveau dit-on. 

On n’interdit pas, mais faut-il encourager ? Enseignement immersif : les élèves formés dans une langue inconnue de la majorité. Ils n’auront pas le sentiment d’appartenir à la même communauté nationale. Schoettl et Le Pourhiet : "Trouve-t-on que la France soit insuffisamment fragmentée pour de nouvelles fabriques identitaires ?" Pour certaines, comme le Corse, le particularisme linguistique ira de pair avec l'endoctrinement « national ».

Il y a une différence entre le Breton (langue française) et le Turc ou l’arabe, langues étrangères. Mais nous serons sommés d’accorder aux unes ce qu’on donne aux autres : une préférence nationale linguistique ce serait populiste. Je n’ai rien contre le breton et les autres. Mais l’urgence : apprendre le français à tous les Français. Parce que c’est la première raison d’aimer la France.