Le regard libre d'Élisabeth Lévy - Dieudonné, liberté d'expression et loi Avia

Voilà, YouTube l'a fait, Dieudonné est désormais censuré par YouTube. Alors qu'il existe pléthore de sanctions possibles et imaginables, notamment des amendes, la plateforme a cédé à la tentation vicieuse : faire taire.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Google a annoncé lundi la fermeture de la chaîne de Dieudonné sur YouTube.

Oui, depuis lundi, la chaîne « iamdieudo4 » n’est plus accessible à ses 450 000 abonnés. Comme une trentaine de chaînes de suprématistes (blancs). En un an, 25.000 comptes ont été fermés pour infraction aux règlements de la communauté sur les discours de haine, catégorie sentimentale et non-juridique. . 

En l’espèce,il y a peu de doute : pour l’humoriste, tous les chemins mènent au lobby que l’on sait. Obsession d’ailleurs partagée par ses fans. Après la suspension, un tweet résume l’ambiance : “YouTube, torchecul d’Israël”.  

Les dirigeants de la LICRA et l’UEJF ont sablé le champagne. Mais ils ne comprennent rien. En matière de liberté d’expression, on ne devrait interdire qu’avec le cœur lourd et la main qui tremble.

Donc, on laisse Dieudonné dire n’importe quoi ?

Peut-être qu’il ne manquera pas au débat public. Seulement, en régime libéral, la question n’est pas ”Peut-on laisser dire ?” mais “Peut-on interdire ?”. De plus, on n’a pas le choix entre tolérance absolue et tolérance zéro. Il y a tout une gamme de sanctions, notamment pécuniaires. Reste à savoir qui fixe les limites et les fait respecter. 

Les plateformes, Youtube, Facebook et les autres, sont tout le problème.

La loi Avia fut déchiquetée par le Conseil Constitutionnel parce qu’elle confiait cette mission d’ordre public à des acteurs privés. Mais le fond du problème revient par la fenêtre. Les “Réseaux” font la police de la parole suivant leurs propres règles, sans se soucier des lois françaises et, d’ailleurs, du premier amendement de la Constitution américaine. 

Or, les adeptes des réseaux sociaux ne recherchent pas l’intérêt général mais leur profit - compréhensible. Avec #StopHateForProfit, les multinationales, tenues en joue par des minorités vindicatives, menacent à leur tour les plateformes de leur couper les vivres publicitaires. D’où le grand ménage entrepris par celles-ci qui ferment à tour de bras.

En attendant, le résultat est là.  

Ce n’est pas à la loi du marché, mais à la loi tout court de fixer les limites de la liberté d’expression. Heureusement, car c’est la loi qui libère et le marché qui réprime ; la Justice préfère encore les excès de la liberté à ceux de la censure. Contrairement aux plateformes qui, sous prétexte de nous protéger des propos blessants, finiront par nous interdire toute parole tranchante ou simplement singulière. Pendant que les véritables fauteurs de haine émettront à partir d’un serveur russe ou chinois.