Le regard libre d'Élisabeth Lévy : "Cette gifle n'est pas forcément la montée de la violence dans la société mais un pétage de plomb individuel que tous les chefs d'État ont connu"

Élisabeth Lévy revient sur la gifle reçue par Emmanuel Macron ce mardi à Tain, lors d'un déplacement près de Valence dans la Drôme.

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Élisabeth Lévy revient sur la gifle reçue par Emmanuel Macron ce mardi à Tain, lors d'un déplacement près de Valence dans la Drôme.

Le soufflet. Comme tout le monde, j'ai pensé que ce n’était pas bien, en giflant le président on gifle tous les Français. Cette unanimité est presque suspecte, en tout cas c'est un rituelle. C'est une opération mélenchonienne de blanchiment assez cocasse. Dans l'entourage de Macron, on a parlé d'ultraviolents : c'est un chouia exagéré. C'est une violence symbolique mais au bistrot personne n’en parlait. 

C'est un accès de langage. Il frappe au moment où il pourrait parler. Il exprime une colère qui devient une opinion. Aujourd'hui, cela donne tous les droits, notamment depuis les Gilets Jaunes. 

La vidéo de Quotidien ne montre pas un analphabète. Les réseaux sociaux ? Il sait qu’il va être le centre de l'attention médiatique. Pour beaucoup de jeunes, rien de plus important que de pouvoir dire, j’ai fait plusieurs milliers de vues. 

Il y a aussi une culture bizarroïde d’une minorité : Avec les jeux moyenâgeux et le film "Les Visiteurs". On est assez loin de la monarchie. 

Une Affiliation politique ? Il y a une assimilation royaliste/extrême droite qui témoigne d’une inculture voire d'une incompréhension. Des royalistes de gauche ont soutenu Mitterrand. Cela montre l'inconscient monarchique de la France. 

Bref, depuis hier, on fait des théories mais n’avons-nous pas tendance à surinterpréter ? Cette gifle est-elle le symptôme d’une montée de la violence dans la société ou un pétage de plomb individuel comme tous les chefs d’Etat en ont connu depuis fort longtemps ? 

Donc ce serait un simple fait divers ? 

Non. Mais cela en dit sans doute moins sur la violence que sur notre rapport au pouvoir. Les commentaires sont plus significatifs que l’événement. 

Il y a une génuflexion générale devant une institution dont on se moque tout le temps. Preuve d'une certaine nostalgie ? Le paradoxe français : eux et nous, ceux d’en bas ceux d’en haut. Scapin soufflète Léandre. Vous êtes nuls mais on attend tout de vous. Et on accepte tout. On gueule mais on est "restés chez nous"... et on a applaudi en prime. 

En même temps : "Je déconne avec Mac Fly et Carlito et je suis Jupiter". C'est une arnaque de la proximité en disant, "Je suis comme vous".