Le regard libre d'Elisabeth Lévy - Adama Traoré n'est pas George Floyd

Hier, devant le tribunal de grande instance de Paris, se tenait un rassemblement en soutien à la famille d'Adama Traoré, sur fond de comparaison avec le décès de George Floyd à Minneapolis. Entre insultes envers la police, évocation d'un système raciste en France et contre-expertises sans valeur réelle, que dire ?

Tous les matins à 8h15, le regard libre d'Elisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Revenons sur la manifestation d’hier soir à l’appel du comité justice pour Adama Traoré.

Je tiens à faire un préalable. La mort de ce jeune homme de 24 ans est une tragédie. On partage évidemment la tristesse de sa famille. Pour autant, la tristesse ne donne pas le droit de faire et de dire n’importe quoi. Adama Traoré n’est pas George Floyd. 

Camélia Jordana déclarait sur le plateau d’On n’est pas couché que “les noirs et les arabes ont peur de la police”. Hier, c’était plutôt l’inverse. Il y eût des feux de poubelles, des projectiles, un bloquage du périphérique. Beaucoup de gens au visage dissimulé avaient pris possession des rues. Et la police restait étonnamment discrète. 

Donc, la police aurait dû empêcher la tenue de cette manif ? 

Trop facile à dire. Alors que les manifestants communiaient dans le fantasme américain, tout incident grave pouvait conduire à l’embrasement. L’obsession du préfet de police de Paris et celle du gouvernement est d’éviter ce scénario catastrophe. On le comprend. 

Mais du coup, on a le sentiment que les institutions cèdent au chantage. Pendant le confinement, les policiers avaient pour consigne de ne pas aller au contact avec les contrevenants dans les cités. Aujourd’hui, malgré l’interdit, il y a eu deux manifestations : pour les “sans-papiers” et en “soutien à Adama”. Pourquoi ? parce que la police a une terreur : être accusée de racisme. Ce qui fait peur à beaucoup de gens, c’est que l’État soit incapable de faire respecter la loi.

Oui, mais il y a une nouvelle expertise indépendante. 

Le mot “indépendante” est intimidant mais dans les faits, ça veut dire “hors dossier”. La famille d’Adama n’est pas satisfaite des résultats des deux précédentes expertises demandées par les juges, elle a donc fait appel aux experts de son choix. Qui ont - ô quelle surprise -, rendu les résultats attendus. En attendant, les juges n’ont pas mis les gendarmes en examen. Racistes, eux aussi ? 

Cela dit, vous ne pouvez pas nier qu’il y a des racistes dans la police. 

Il y en a aussi chez les antiracistes. Mais Assa Traoré et ses amis de la gauche radicale-chic tiennent un discours délirant. La dernière lagasnerie étant de décrire un système d'élimination des jeunes garçons noirs et arabes entre les mains de la police. Elle a déclaré : “des gendarmes ont décidé que mon frère devait mourir parce qu’il était noir”. Rappelons tout de même qu’il s’est sauvé. 

Adama Traoré ne méritait pas de mourir. Il ne méritait pas non plus de devenir le porte-étendard d’une idéologie mensongère et dangereuse qui se résume au fond à la haine de la France.