Le personnel de la petite enfance en grève pour dénoncer la pénurie de professionnels

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi à Paris pour demander la revalorisation des salaires et dénoncer la pénurie de professionnels dans le secteur de la petite enfance, l'un des domaines qui souffrent le plus de ce manque de personnel.

Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi à Paris pour demander la revalorisation des salaires et dénoncer la pénurie de professionnels dans le secteur de la petite enfance, l'un des domaines qui souffrent le plus de ce manque de personnel.

L'appel à la grève a été lancé par le collectif "Pas de bébés à la consigne", qui rassemble une cinquantaine d'associations et d'organisations syndicales.

2.500 personnes ont manifesté à Paris selon la police, quelque 5.000 selon les organisateurs, en chantant "Les crèches surbookées et les pros surmenés, c'est les bébés qui sont sacrifiés".

Les jouets pour enfants, instruments de musique, poupées et autres accessoires étaient portés par les manifestants, dont certains criaient à destination des passants: "C'est pour vos bébés qu'on fait grève !".

Adèle Reboux, 22 ans, travaille dans une crèche au Pré-Saint-Gervais (nord-est de Paris) et dénonce "des conditions de travail épuisantes".

"En plus de s'occuper des enfants, nous devons former ceux qui n'ont aucune qualification", dit-elle en référence à un arrêté paru en juillet 2022. Ce texte autorise à recruter plus facilement des salariés non diplômés et à les former en interne pour pallier la pénurie de personnel dans les crèches.

"Il faut remplir les crèches comme si c'était de vulgaires sacs de courses", regrette Miguelle Rimbert, 37 ans et éducatrice en région parisienne, ajoutant "dans la crèche où je travaille, nous sommes deux éducatrices pour 63 enfants. Nos projets ne peuvent être menés à bien".

Les crèches emploient des éducatrices, des auxiliaires de crèche, des puéricultrices etc.

"Aujourd'hui, une auxiliaire de crèche gagne 1.300 euros net en début de carrière, c'est bien trop peu", regrette Sandrine Aragou, 50 ans, auxiliaire dans les Yvelines.

Des manifestations ont eu lieu en région, comme par exemple à Lille, Marseille, Bordeaux, selon le collectif "Pas de bébés à la consigne".

En France, le nombre de places proposées par les établissements d'accueil du jeune enfant a augmenté sur la dernière décennie pour atteindre 471.000 en 2019, la plupart gérés par les municipalités. Près de la moitié (48,6%) des établissements rapportent un manque de personnel, selon une enquête réalisée par la caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) et publiée en juillet.

AFP / Paris (AFP) / © 2022 AFP