éditorial

L'édito de Christophe Bordet

Christophe Bordet ©Anthony Ghnassia
Société

Le "doggy bag" bientôt obligatoire dans les restaurants ?

Le doggy bag pourrait devenir obligatoire (©PATRICK BERNARD - AFP)

Des députés de la majorité souhaitent rendre obligatoires les "doggy bag" dans les restaurants. Objectif : lutter contre le gaspillage alimentaire.

Ce ne sera pas simple parce qu'il va falloir convaincre les restaurateurs et les clients. Vous imaginez rentrer chez vous, la plus belle des femmes au bras droit, un doggy bag avec des restes de sole meunière dans la main gauche ? Très romantique.

Jusqu’à présent, ça existait en France mais sur la base du volontariat. Autant dire que personne ne le faisait. Désormais, il va falloir s'y plier, car les députés de La République En Marche, qui ne manquent pas d'idées, viennent d’adopter un amendement pour obliger les restaurateurs à proposer les doggy bag. L’application s’annonce quand même compliquée car les restaurateurs n’aiment pas trop ce principe d’obligation. Ils le disent d'ailleurs : "Ce n'est pas très judicieux de vouloir contraindre de manière réglementaire l'ensemble de la profession à acheter des doggy bag, d'autant que c'est une pratique anglo-saxonne qui n'est pas vraiment dans la culture française", affirme le président de la branche restauration au sein de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH).

Autre problème : ça risque augmenter l’addition, car au final, le restaurateur fera payer le doggy bag à qui ? Devinez ! Au client...

On verra donc si le pays de la gastronomie joue réellement le jeu. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit de réduire par deux le gaspillage alimentaire d'ici 2025, la nourriture jetée au restaurant pesant près de 14% du gaspillage alimentaire en France. En moyenne, les Français laissent de côté 157 grammes dans les bistrots et autres restaurants étoilés, cinq fois plus qu’à la maison.

Quoi qu’il en soit, avant que le sac à chien ne devienne une réalité, l'amendement de la commission du Développement durable doit encore être validé par la commission économique de l'Assemblée puis être adopté par l'ensemble des députés pour être inscrit dans la loi.

D'ici là, faites comme moi, ne sortez pas de table sans avoir terminé votre assiette.

Réécoutez en podcast l’édito de Christophe Bordet dans le Grand Matin Sud Radio

 

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