single.php

Lait: les producteurs ne veulent pas que le "prix plancher" de Macron devienne un "prix plafond"

Le "prix plancher" esquissé samedi par Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture risque de devenir un "prix plafond" qui ferait stagner la rémunération des producteurs de lait, affirme mardi leur fédération, affiliée au syndicat majoritaire FNSEA.

DAMIEN MEYER - AFP/Archives

Le "prix plancher" esquissé samedi par Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture risque de devenir un "prix plafond" qui ferait stagner la rémunération des producteurs de lait, affirme mardi leur fédération, affiliée au syndicat majoritaire FNSEA.

Le chef de l'État a formulé l'objectif "qu'on puisse déboucher" sur "des prix planchers qui permettront de protéger le revenu agricole".

"Ce sera un prix plancher en dessous duquel le transformateur ne peut pas acheter et donc en dessous duquel, après, derrière, le distributeur ne peut pas vendre. C'est ça qui manque", a-t-il déclaré lors d'un débat improvisé avec des agriculteurs.

"Le prix plancher n'est pas une réponse" mais "plutôt un problème", a estimé mardi Thierry Roquefeuil, le président de la fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors d'une conférence de presse au Salon. "Il y a le risque que le prix plancher devienne un prix plafond (...) c'est complètement à l'encontre de ce qu'on a bâti jusqu'à maintenant", a-t-il ajouté.

"Le risque, c'est que ce fameux prix plancher devienne un prix maximum (...). Le prix plancher, ça ne fait quand même rêver personne pour s'installer", a abondé le trésorier de la FNPL, Yohann Barbe, promu porte-parole de la FNSEA depuis la crise qui a éclaté en janvier.

Au-delà des questions de lexique, la FNPL demande depuis des années une meilleure prise en compte de l'indicateur évaluant les coûts de production agricoles par les industriels qui achètent le lait, comme par les distributeurs qui commercialisent ensuite fromages, beurre ou yaourts. L'idée étant que les éleveurs ne vendent plus leur lait moins cher que ce qu'il leur a coûté à produire, donc à perte, ce qui décourage les producteurs actuels - déjà de moins en moins nombreux - et les éventuels repreneurs.

Emmanuel Macron a expliqué qu'il souhaitait rendre "opposable" cet indicateur via une nouvelle révision du cadre législatif Egalim, renforcé plusieurs fois depuis 2018, qui cherche justement à mieux rémunérer les agriculteurs.

Actuellement, la profession laitière estime qu'il faudrait qu'un éleveur conventionnel installé en plaine reçoive en moyenne 442 euros pour 1.000 litres de lait afin de pouvoir se verser deux Smic par mois. Le prix de base moyen payé aux producteurs français était de 432,8 euros en novembre.

Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine, plaide aussi pour un meilleur respect des règles déjà en place.

Le problème, dit-il à l'AFP, est que les indicateurs de coût de production calculés par la filière et révisés tous les six mois "sont contournés par à peu près tout le monde".

Celui sur la vache charolaise conventionnelle par exemple est actuellement fixé à 6,20 euros par kilo carcasse. "Or le prix sur le marché ne dépasse pas 5,50 euros, ce qui revient à une perte d'environ 250 euros par tête", affirme Patrick Bénézit. Plutôt qu'un nouveau "prix plancher", "il faut faire appliquer les indicateurs".

AFP / Paris (AFP) / © 2024 AFP

L'info en continu
21H
20H
18H
17H
16H
15H
14H
Revenir
au direct

À Suivre
/