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La vente des huîtres d'Arcachon peut reprendre vendredi

Les huîtres du bassin d'Arcachon (Gironde), interdites à la vente depuis des intoxications massives autour de Noël, pourront à nouveau être commercialisées à partir de vendredi, tandis que l'enquête se poursuit sur l'origine de leur contamination.

Philippe LOPEZ - AFP/Archives

Les huîtres du bassin d'Arcachon (Gironde), interdites à la vente depuis des intoxications massives autour de Noël, pourront à nouveau être commercialisées à partir de vendredi, tandis que l'enquête se poursuit sur l'origine de leur contamination.

"Cette excellente nouvelle annonce le retour attendu des huîtres Arcachon Cap Ferret dans les cabanes, sur les étals de vente, et le sourire des producteurs sur les marchés", s'est félicité le Comité régional de la conchyliculture Arcachon Aquitaine (CRCAA).

Après "avis unanime de la commission sanitaire départementale", la préfecture de Gironde annonce la levée de l'interdiction temporaire sur l'activité de pêche et de commercialisation de l'ensemble des coquillages en provenance du bassin d'Arcachon dès vendredi à 9H00.

Elle avait été ordonnée le 27 décembre après de nombreux cas de gastro-entérites imputés à la présence de norovirus dans l'eau des parcs d'élevage.

Selon les services de l’État, "aucun nouvel évènement contaminant n'a été enregistré sur les coquillages en provenance du Bassin d'Arcachon" depuis le 22 décembre, date de la dernière récolte d'huîtres à l'origine de l'une des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC).

"Aucun nouvel évènement météorologique avec des pluies significatives n'a par ailleurs été relevé par Météo-France" et "aucun dysfonctionnement sur le réseau d'assainissement" du bassin n'a été enregistré depuis le 22 décembre par le Siba (syndicat intercommunal), poursuit la préfecture.

Afin d'"encadrer" cette réouverture, le préfet Étienne Guyot a annoncé "accroître le suivi de la qualité bactériologique de l'eau et des coquillages en assurant des prélèvements hebdomadaires en lieu et place de prélèvements mensuels jusqu'à la fin de l'hiver".

- "Qui paie l'addition?" -

Plusieurs arrêtés d'interdiction de vente d'huîtres avaient été pris fin décembre sur le littoral français après des cas de TIAC liés à la consommation de coquillages contaminés au norovirus. Depuis mardi, la commercialisation d'huîtres était de nouveau possible dans le Calvados et les Landes.

Des ostréiculteurs de différentes régions ont déposé des plaintes, s'estimant victimes d'un problème de santé publique: le traitement des eaux usées et la gestion des eaux pluviales.

A Arcachon, l'une des principales zones de production ostréicole du pays avec quelque 8.000 tonnes par an (près de 10% des huîtres fournies), les pertes sont estimées à 5 millions d'euros.

Deux jours après l'arrêté préfectoral du 27 décembre, une association de défense des eaux du bassin d'Arcachon (Adeba), créée par des ostréiculteurs, a déposé plainte contre le Siba, responsable du réseau d'assainissement local et de la gestion des eaux pluviales.

Elle pointait la contamination du milieu marin par des débordements du réseau après de fortes pluies, en mettant en cause le gestionnaire.

Un constat de débordements a conduit le parquet de Bordeaux à ouvrir une enquête le 5 janvier, pour "écocide" notamment.

Le 12 janvier, une autre association de protection de l'environnement a déposé plainte contre X pour pollution, intoxication et mise en danger d'autrui.

Cette dernière, la Coordination environnement du bassin d'Arcachon (Ceba), estime que "beaucoup savaient", depuis novembre, que les huîtres étaient contaminées mais auraient préféré fermer les yeux pour "sauver" le Noël des ostréiculteurs, qui représente les deux tiers des ventes d'huîtres durant cette période faste pour la filière.

Le CRCAA a, lui, annoncé mardi "enclencher une procédure de référé expertise devant le tribunal administratif de Bordeaux", afin de déterminer les responsabilités dans la pollution des eaux du Bassin d'Arcachon.

"Car, à ce jour, la question reste toujours ouverte: qui paie l'addition?", a lancé jeudi le CRCAA dans un communiqué.

Par Marisol RIFAI / Bordeaux (AFP) / © 2024 AFP

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