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La SNCF reste dans le vert pour une troisième année consécutive mais son bénéfice recule

Portée par l'engouement des Français pour le train mais freinée par l'inflation, les grèves et un parc TGV limité, la SNCF a publié mercredi un bénéfice net de 1,3 milliard d'euros, en baisse par rapport à 2022 mais dans le vert pour la troisième année d'affilée.

LOIC VENANCE - AFP/Archives

Portée par l'engouement des Français pour le train mais freinée par l'inflation, les grèves et un parc TGV limité, la SNCF a publié mercredi un bénéfice net de 1,3 milliard d'euros, en baisse par rapport à 2022 mais dans le vert pour la troisième année d'affilée.

"L'année 2023 n'a pas été simple sur le plan économique", a rappelé le PDG du groupe Jean-Pierre Farandou lors d'une conférence de presse.

Le chiffre d'affaires du groupe a stagné (+0,7%) à 41,8 milliards d'euros mais il a réussi à maintenir un bénéfice solide, en baisse malgré tout de plus d'un milliard d'euros par rapport à 2022 (2,4 milliards), qui avait constitué une année record pour le groupe ferroviaire public.

"J'y vois deux bonnes nouvelles", s'est réjoui M. Farandou. "D'abord le groupe est dans le vert pour la troisième année consécutive et on réinvestit tout dans le ferroviaire" avec l'achat de matériel roulant, la régénération du réseau et la rénovation des gares, a-t-il insisté.

En 2024, la SNCF prévoit encore des investissements record avec 11,7 milliards d'euros et au moins 20.000 recrutements (contre 25.300 en 2022).

L'enthousiasme des Français pour le train s'est confirmé, notamment sur la grande vitesse en Europe avec 156 millions de voyageurs, un record pour la SNCF.

Résultat, l'activité de SNCF Voyageurs, la compagnie chargée de faire rouler les trains, affiche un chiffre d'affaires en progression de 10,4% à 19,2 milliards d'euros - près de la moitié de celui du groupe - dont 9,7 milliards pour les TGV et Intercités (+13,8%).

"Les efforts payent", s'est réjoui Jean-Pierre Farandou. Le syndicat Sud-Rail, en pointe lors de la grève des contrôleurs en plein week-end de vacances d'hiver, a aussitôt réclamé dans un tract la réouverture de négociations sur les salaires au premier semestre 2024.

"Le temps est venu d'augmenter nos salaires (...). Nous proposerons à l'ensemble des fédérations syndicales de passer à l'action unitairement", a annoncé le troisième syndicat du groupe.

- Pas assez de trains -

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farrandou lors de l'arrivée du train de nuit Berlin-Paris à la gare de l'Est à Paris, le 12 décembre 2023

Le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farrandou lors de l'arrivée du train de nuit Berlin-Paris à la gare de l'Est à Paris, le 12 décembre 2023

ALAIN JOCARD - AFP

La SNCF déplore cependant d'être freinée dans sa croissance par un parc TGV limité alors que la demande explose. Les premiers TGV-M construits par Alstom et qui disposent de plus de places ne seront pas livrés avant l'été 2025 au plus tôt, d'après Jean-Pierre Farandou.

Le groupe ferroviaire, gros consommateur d'électricité, a aussi été pénalisé par la hausse du prix de l'énergie. Pour son activité grande vitesse, ses coûts ont augmenté de 14% alors que dans le même temps, la hausse moyenne des tarifs du TGV n'a été que de 5%, selon l'entreprise publique.

En 2024, la hausse des coûts devrait atteindre entre 4% et 5% pour le TGV, selon Jean-Pierre Farandou, en particulier à cause de l'augmentation des péages ferroviaires (+8%) qui représentent 40% du prix du billet.

La SNCF a promis de ne pas augmenter ses tarifs au-delà de l'inflation, attendue à 2,6%. "Ca fait deux années où on n'augmentera pas les prix au niveau de nos coûts", a souligné M. Farandou.

Les grèves du premier semestre contre la réforme des retraites lui ont également coûté 350 millions d'euros de marge, affirme-t-elle.

Autre mauvaise nouvelle, le fort recul du chiffre d'affaires de sa branche de logistique Geodis, qui a fondu de 21,6% pour s'établir à 11,6 milliards d'euros.

Ce dernier avait permis à la SNCF d'affronter la crise de la pandémie de Covid-19 grâce à un chiffre d'affaires exceptionnel. Les tarifs de fret, qui avaient atteint des niveaux inédits en raison de la désorganisation des chaînes logistiques et de la forte demande en 2021 et 2022, sont depuis revenus à la normale.

L'activité fret de la SNCF a elle aussi souffert en raison du ralentissement économique, des grèves et de l'éboulement en vallée de Maurienne qui a coupé la liaison avec l'Italie jusqu'à l'automne prochain au moins. Le chiffre d'affaire de Rail Logistics Europe a reculé de 0,5%.

Par Antoine GUY / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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