La police a-t-elle besoin du renfort de l'armée ?

Yves Lefebvre, Secrétaire Général du Syndicat Unité SGP Police FO
Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, interviewé par Cécile de Ménibus et Patrick Roger dans "L’invité de l’actu" sur Sud Radio, à 8h10. AFP

Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 3 décembre animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il explique si oui ou non, la police a besoin du renfort de l'armée. 

Il manque 1.000 fonctionnaires chez les CRS

Après les violents événements de ce week-end lors des manifestations parisiennes des Gilets Jaunes, Sud Radio interroge Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police FO, pour savoir si oui on non la police a besoin de l'aide de l'armée. De son côté, Nicolas Dupont-Aignan explique que l'armée ne doit pas intervenir car ce n'est pas son rôle de tirer sur le peuple français. Faut-il des renforts militaires ? "Envoyer l'armée pour le maintien de l'ordre, il en est hors de question. Les militaires ne sont pas formés pour cela, on est dans un état républicain. Par contre se servir des militaires pour remplacer un certain nombre de compagnies républicaines de sécurité, de gendarmes mobiles ou des compagnie d'intervention de la préfecture de Paris pour faire des gardes bâtimentaires, oui il faut le faire."

"Mais on le fait déjà : c'est la garde statique appelée la GS75. C'est un accord avec le ministère de la Défense qui est appliqué lorsque l'on a besoin de CRS. On met en général des militaires de l'opération Sentinelle." Manque-t-on réellement de policiers en France ? "On en manque toujours ! Actuellement chez les CRS il manque 1.000 fonctionnaires". En ce qui concerne la manifestation de samedi, les choses sont assez particulières : "Nous étions en face de gens mobiles, et la gestion de ce genre de situation est très spéciale. C'était presque inédit en terme de maintien de l'ordre surtout quand on sait que ces gens se réunissaient puis se dispersaient et que nombre d'entre eux sont des personnes entraînées."

Les CRS n'aurait pas dû lâcher l'Arc de Triomphe

Comment l'Arc de Triomphe aurait-il pu être mieux sécurisé pour éviter les saccages ? "On le tenait le matin. Mais on n'aurait pas dû le lâcher. Or, à un moment donné, on a dit aux CRS de se replier. On l'a lâché et on est revenu une deuxième fois. Je pense qu'il y a eu une mauvaise appréhension de ce que voulaient faire ces gens-là de l'Arc de Triomphe. Une fois que l'on tient un bastion comme celui-là, nous, CRS, on doit le garder impérativement et ne pas reculer d'un pouce. Nous l'avons lâché et pendant ce temps là, en face, ça se quantifiait et ça se durcissait. La troisième fois fut enfin la bonne."

Repérer des Gilets Jaunes des casseurs n'est pas toujours une mince affaire. "Mais quand on les voit avancer en colonne, on sait à qui on a affaire ! Mais il n'y avait pas suffisamment de force de l'ordre pour les interpeller. Il aurait fallu doubler ! Mais si on en rajoute, on déserte Toulouse, le Puy-en-Velay et partout où il y a eu aussi de graves incidents... Aujourd'hui les arrivées couvrent à peine les départs à la retraite. Il faut que les politiques ouvrent un large pan de recrutement pour que l'on puisse aborder ce genre de problématique avec des effectifs conséquents. J'ai peur pour samedi prochain car le flic est fatigué et a un moment il va bien falloir qu'il défende sa peau. Nous sommes la dernière digue, et elle commence à se fissurer sérieusement" termine Yves Lefebvre, Secrétaire Général du Syndicat Unité SGP Police FO.

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