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La France rend hommage aux victimes du "plus grand massacre antisémite de notre siècle"

Dans la cour des Invalides, 42 portraits et trois fauteuils vides: Emmanuel Macron a rendu hommage mercredi aux victimes françaises de l'attaque du Hamas le 7 octobre en Israël, le "plus grand massacre antisémite de notre siècle".

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Le président français arrive dans la cour des Invalides, à Paris, le 5 janvier 2024 (Ludovic MARIN - AFP/Archives)

Dans la cour des Invalides, 42 portraits et trois fauteuils vides: Emmanuel Macron a rendu hommage mercredi aux victimes françaises de l'attaque du Hamas le 7 octobre en Israël, le "plus grand massacre antisémite de notre siècle".

Quatre mois après, jour pour jour, une émotion intense a saisi responsables politiques et familles, sous un ciel lourd, lorsque sont apparus sur un écran géant les 42 visages souriants et insouciants, tandis que résonnait le Kaddish de Maurice Ravel, une composition inspirée de la rituelle prière des morts juive.

"Les visages des suppliciés du 7 octobre nous tendent un miroir où se reflète un peu de nous", a déclamé le chef de l'Etat, pour qui ce jour-là "l'indicible a ressurgi des profondeurs de l'Histoire".

Les portraits des 42 Franco-israéliens tués sont aussi entrés dans la cour dans un roulement de tambours, portés par des gardes républicains, comme autant de cercueils. Dans la tribune officielle, trois sièges vides symbolisaient les trois Français toujours disparus et présumés otages.

L'assaut du mouvement islamiste palestinien a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, tuées par balles, brûlées vives ou mutilées, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Une "attaque massive et odieuse", le "plus grand massacre antisémite de notre siècle", a souligné le président de la République. Le plus lourd tribut, aussi, pour la France depuis l'attentat de Nice le 14 juillet 2016 (86 morts et plus de 400 blessés).

- Recueillement -

"Leurs vies méritent sans relâche de nous battre contre les idées de haine", a insisté Emmanuel Macron, déterminé à "ne rien céder à un antisémitisme rampant" et désinhibé".

Une pancarte avec des portraits de victimes lors d'une conférence de presse des représentants des familles des otages français à Gaza, à l'ambassade d'Israël à Paris, le 6 février 2024

Une pancarte avec des portraits de victimes lors d'une conférence de presse des représentants des familles des otages français à Gaza, à l'ambassade d'Israël à Paris, le 6 février 2024

Emmanuel Dunand - AFP

La France compte la première communauté juive d'Europe, avec environ 500.000 personnes, et près de 100.000 ressortissants vivant en Israël, ayant souvent la double nationalité. En 2023, le nombre d'actes antisémites y a aussi été multiplié par quatre.

Une communauté dont de nombreuses personnalités ont assisté à la cérémonie du grand rabbin Haïm Korsia au président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonatan Arfi, en passant par le philosophe Bernard Henri-Lévy ou le chanteur Patrick Bruel.

L'archevêque de Paris et le président de la fédération protestante étaient également dans l'assistance, mais pas le recteur de la Grande Mosquée de Paris, en déplacement "à l'étranger".

"Nous avons vraiment apprécié la cérémonie et le président français", a réagi Moti Marlev, qui a perdu sa fille Mila Keylin, 41 ans, mère de quatre enfants, au festival Nova.

"Nous ne sommes pas dans un processus de deuil, ni de perte, nous sommes dans une zone où nous n'avons jamais été auparavant", a également témoigné Ayala Yahalomi Luzon, sans nouvelles de son frère Ohad, 49 ans.

Après la cérémonie, Emmanuel Macron s'est entretenu avec les familles, dont beaucoup avaient été acheminées depuis Israël par un vol spécial.

- "Bousquet et Papon" -

Plusieurs responsables de La France insoumise (LFI) ont assisté à l'hommage, malgré la controverse autour de leur présence. En cause notamment, le refus de la direction du parti de qualifier le Hamas d'organisation terroriste.

Leurs propos "qui ont d'une certaine manière justifié ce qui s'est passé" rendent leur présence "indécente", a commenté le président du Crif, Yonatan Arfi.

"Leur présence équivalait à celle de Bousquet et Papon au Vel d'Hiv", s'est emporté le député LR Meyer Habib en référence à deux hauts fonctionnaires impliqués dans la déportation de Juifs français durant l'Occupation allemande et à la rafle du Vel d'Hiv en 1942.

Le portrait de l'otage française Amit Buskila avec l'inscription "Kidnappée" lors d'une conférence de presse des représentants des familles des otages français à Gaza, à l'ambassade d'Israël à Paris, le 6 février 2024

Emmanuel Dunand - AFP

Le député Aymeric Caron (apparenté LFI) a été hué à son arrivée aux Invalides, sous les cris de "collabo", "antisémite" ou encore "la honte". L'écologiste Sandrine Rousseau a elle aussi été traitée de "collabo" à la sortie.

Des "grossièretés" et "provocations" dénoncées par le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a salué sur X la "grande dignité" de ses élus.

"Hommage bouleversant (...) Très beau discours du président de la République", a salué de son côté le patron du PS Olivier Faure dans un rare compliment au chef de l'Etat.

"Toutes les vies se valent, inestimables aux yeux de la France", a insisté Emmanuel Macron alors que l'Elysée prévoit de consacrer ultérieurement aussi un "temps mémoriel" aux victimes françaises des bombardements israéliens à Gaza, où plus de 27.500 personnes ont été tuées depuis le début de l'offensive israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Par Valérie LEROUX et Francesco FONTEMAGGI, Leo MOUREN / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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