La cantine à un euro testée dans 10.000 communes d'ici fin avril

La cantine à un euro et le petit-déjeuner gratuit dans les écoles : sept mois après l'annonce du plan pauvreté et de ses 8,5 millions d'euros d'aide, le gouvernement met en place ses mesures concrètes. Une cantine à un euro qui sera testée d'ici la fin du mois d'avril dans près de 10.000 communes, soit à peu près une commune sur trois. Objectif : viser principalement les milieux ruraux. Des parents y retirent leurs enfants de la cantine, faute de tarification sociale, selon la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Christelle Dubos.

Reportage Sud Radio de Mathilde Choin

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Pas d'obligations pour les communes, mais de fortes incitations à proposer ce repas à un euro symbolique. Les municipalités volontaires recevront alors deux euros d'aide de l'Etat par enfant.

Une aide insuffisante de l'Etat?

"Mais ça suffit pas", annonce déjà René Savelli, le président de l'Association des maires ruraux de Haute-Garonne et maire d'Auzas. Pour le moment, le repas coûte plus de 4 euros aux parents, alors il ne sait pas comment il va réussir à appliquer cette mesure.

"Je paye 1300 euros par an et par enfant. Quand vous avez 15 gosses qui vont à l'école, je sais pas si vous imaginez l'addition pour une petite commune de 150 habitants ! C'est trop facile de faire du social en faisant payer les autres."

*Des inquiétudes que comprend Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique. Selon elle, il va falloir attendre un certain temps avant de connaître les bénéfices réels de cette aide.

"C'est vrai que ça a un coût, et donc il faudra vérifier que l'aide proposée par l'Etat aujourd'hui est suffisante, et permet vraiment de franchir ce cap."

De 13 centimes à 7 euros à Paris

Contrairement à beaucoup de communes rurales, la plupart des des villes en zones urbaines s'appuient sur le quotient familial. Par exemple à Paris, les tarifs des cantines sont établis en fonction du quotient familial et peuvent aller de 13 centimes à 7 euros. Une tarification sociale que Samuel Cywie, le porte-parole de la Peep (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public), la deuxième fédération des parents d'élèves, aurait aimé voir généralisée.

"1 euro, ça peut paraître très peu, mais pour certaines familles ça peut être beaucoup, donc il faut être très vigilant, sur les familles les plus pauvres, pour s'assurer que les enfants peuvent se nourrir."

Car les chiffres sont là : une famille sur cinq aurait du mal aujourd'hui à payer la cantine de ses enfants.