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Jugé devant les assises, il estime "dingue" qu'on l'accuse d'avoir tué sa compagne

"Mais vous êtes dingues!": jugé pour le meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, Samire Lymani a vertement protesté lundi de son innocence. A la veille du verdict, où il risque la perpétuité, sa culpabilité ne fait pourtant "aucun doute" pour les parties civiles.

Pascal GUYOT - AFP/Archives

"Mais vous êtes dingues!": jugé pour le meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, Samire Lymani a vertement protesté lundi de son innocence. A la veille du verdict, où il risque la perpétuité, sa culpabilité ne fait pourtant "aucun doute" pour les parties civiles.

Alors qu'il n'a que peu eu l'occasion de s'exprimer depuis l'ouverture de son procès le 9 janvier devant la cour d'assises de l'Hérault à Montpellier, cet homme de 41 ans a été longuement interrogé lundi.

Il n'en peut visiblement plus d'être en détention préventive depuis la découverte du corps de sa compagne, le 7 avril 2021, au domicile conjugal à Bédarieux (Hérault). La dépouille d'Aurélie Vaquier, 38 ans, avait été retrouvée dans un sarcophage de béton.

Et il n'a pas tardé à sortir de ses gonds et dire tout le mal qu'il pensait de l'instruction qui l'a mené jusqu'au box des accusés.

"Cela fait trois ans qu'on tourne en rond. Je n'ai rien fait. Il faudrait que j'invente une histoire pour vous faire plaisir? Mais vous êtes dingues!", a lancé l'ancien militaire et chauffeur routier, père divorcé de deux enfants, rapidement rappelé à l'ordre par la présidente de la cour d'assises.

Selon les expertises informatiques, la dernière preuve de vie "certifiée" de la jeune femme est un message à une amie datant du 25 janvier, dans lequel elle indiquait vouloir partir se ressourcer quelques jours à la campagne.

Me Félix Allary (d), l'un des avocats des parties civiles, répond aux questions des journalistes au premier jour du procès de Samire Lymani, accusé du meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, le 9 janvier 2024 à la cour d'assise de l'Hérault, à Montpellier

Me Félix Allary (d), l'un des avocats des parties civiles, répond aux questions des journalistes au premier jour du procès de Samire Lymani, accusé du meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, le 9 janvier 2024 à la cour d'assise de l'Hérault, à Montpellier

Pascal GUYOT - AFP/Archives

En faisant cela, "Aurélie a signé son arrêt de mort", dira en fin d'audience Me Félix Allary, l'un des avocats des parties civiles. "Car Samire, il ne peut accepter qu'on le laisse. Alors, il est venu par derrière, il l'a serré petit à petit. Il aurait pu s'arrêter, mais il a continué", a-t-il ajouté.

Pour l'avocat, "Aurélie est morte le 25 janvier 2021 en fin d'après-midi". Une date jugée plausible par les légistes, selon qui son décès est dû à une compression du cou au niveau de la carotide ayant entraîné un arrêt du coeur.

Le 28 janvier à 01H28 du matin, un ultime message a bien encore été envoyé depuis son compte Facebook, adressé cette fois à Samire Lymani. Elle y indiquait également partir se ressourcer à la campagne, mais des doutes persistent sur son véritable auteur.

- "Déferlement de mensonges" -

Samire Lymani était pour sa part parti dans sa famille quelques heures plus tard, aux alentours de 08H30. Selon lui, Aurélie venait tout juste de se réveiller.

Des gendarmes bloquent une rue de Bédarieux devant la résidence d'Aurélie Vaquier, le 7 avril 2021 dans l'Hérault

Des gendarmes bloquent une rue de Bédarieux devant la résidence d'Aurélie Vaquier, le 7 avril 2021 dans l'Hérault

Pascal GUYOT - AFP/Archives

Les jours suivants, "puisqu'elle était partie pour écrire un livre", il ne s'est pas particulièrement inquiété. Ni même lors de son retour à la maison le 6 février, lorsqu'il constate qu'elle n'est pas rentrée et qu'elle est partie sans son chat, qu'elle adorait.

Le 15 février, il fait parvenir une copie du message qu'il a reçu au frère et à la belle-soeur d'Aurélie, mais leur fait croire qu'il date de l'avant-veille et non de la fin janvier.

Et il n'ira déclarer sa disparition à la gendarmerie, sur leur insistance, que le 23 février. Le 7 avril, son corps sera finalement découvert par la gendarmerie, dissimulé dans un sarcophage de béton récemment coulé sous une estrade de bois, au domicile même du couple.

Face à la cour, Samire Lymani avance que sa compagne a dû être tuée par "un ou des inconnus" pendant son absence, du 28 janvier au 6 février.

"Dès lors qu'on a retrouvé le corps d'Aurélie chez vous, tout vous accusait. Mais il y a ensuite un tel déferlement de mensonges et de contradictions qu'il n'y a plus de place pour le moindre doute", lui a rétorqué le second avocat des parties civiles, Jean-Charles Teissedre.

La cour d'assises de l'Hérault, au premier jour du procès de Samire Lymani, accusé du meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, le 9 janvier 2024 à la cour d'assise de l'Hérault, à Montpellierle 9 janvier 2024

La cour d'assises de l'Hérault, au premier jour du procès de Samire Lymani, accusé du meurtre de sa compagne Aurélie Vaquier, le 9 janvier 2024 à la cour d'assise de l'Hérault, à Montpellierle 9 janvier 2024

Pascal GUYOT - AFP/Archives

"Imagine-t-on un voleur entrer chez Aurélie alors qu'elle est en pyjama et en chaussons, la tuer puis prendre le temps de couler une dalle de béton? C'est complétement absurde", martèle-t-il. "D'où elle se trouve, Aurélie doit bien se moquer de vous".

Le réquisitoire de l'avocat général et les plaidoiries de la défense sont attendus mardi, puis le jury se retirera pour délibérer et rendre son verdict.

Par Philippe SIUBERSKI / Montpellier (AFP) / © 2024 AFP

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