José Bové : "Pour NDDL, il y a une solution qui permet de sortir par le haut"

José Bové (©IROZ GAIZKA - AFP)

Député européen écologiste, José Bové était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio ce jeudi. L’occasion pour l’ancien agriculteur-militant du Larzac de s’appuyer sur son expérience passée pour imaginer une sortie de conflit honorable à Notre-Dame-des-Landes.

Que vont décider Emmanuel Macron et le gouvernement pour le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Alors que la décision finale de cet interminable conflit est attendue dans le courant du mois de janvier, certains commencent déjà à préparer l’avenir, et notamment celui de la ZAD, actuellement occupée par de nombreux militants écologistes ou altermondialistes. C’est le cas de José Bové, le député européen écologiste. Invité du journal de 18h sur Sud Radio ce jeudi, l’emblématique figure du monde paysan compte ainsi s’appuyer sur l’expérience vécue sur le plateau du Larzac dans les années 1970 pour imaginer une sortie de crise satisfaisante dans la ZAD, si jamais le projet d’aéroport était abandonné.

"Les choses sont très simples. Il y a 40 ans, quand François Mitterrand a abandonné le projet d’extension du camp militaire du Larzac, il a fallu en finir avec l’expropriation et revenir à la normale après dix ans de combat. On a profité de ce délai de trois ans pour imaginer une solution foncière qui permettait à la fois aux agriculteurs de retrouver leurs terres, et à ceux qui étaient squatteurs, comme moi, d’accéder aux terres et d’avoir un bail en bonne et due forme. Pour faire ça, on a imaginé à l’époque avec Matignon, des juristes et des chercheurs, une solution foncière qui a pris la forme d’un bail emphytéotique. L’État a donc confié pour 60 ans la gestion des terres aux habitants. C’est collectivement, ensuite, que les installations ont pu se faire que les fermages ont été mis en place, etc. Au lieu d’avoir une solution qui vienne d’en haut, ce sont les habitants qui ont géré directement", explique-t-il.

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Pour José Bové, le même type de solution est tout à fait transposable au dossier de Notre-Dame-des-Landes. "Ce que je propose pour Notre-Dame-des-Landes, c’est la même chose ! On est actuellement dans la même phase juridique. Toutes les terres ont été expropriées, il faut donc sortir de l’expropriation et construire ensuite collectivement avec les agriculteurs, les habitants et les élus locaux un système collectif qui permette de gérer le foncier et d’attribuer les terres. Tout ça peut se faire dans la concertation, si le projet est abandonné bien évidemment", assure-t-il avant de mettre les décideurs de ce dossier face à leurs responsabilités.

"Nicolas Hulot connaît bien cette histoire, j’ai aussi envoyé un courrier aux médiateurs allant dans ce sens, courrier qui a été introduit dans le rapport remis récemment au président de la République. Aujourd’hui, tous les éléments sont sur la table. En cas d’abandon, on a une solution qui permet de sortir par le haut et de responsabiliser tout le monde : l’État confie la gestion de ses terres à travers une structure qui se met en place. À travers ça, c’est la paix qu’on retrouve. Sur le Larzac, ça a permis d’augmenter de 20% le nombre d’agriculteurs depuis 1971. On connaît toute la dynamique qui n’a pas arrêté depuis", rappelle-t-il.

Réécoutez en podcast toute l’interview de José Bové sur Sud Radio

 

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