Jean-François Rial : "On est sur une échelle beaucoup plus petite que les Restos du cœur"

Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde

PDG du groupe Voyageurs du monde, Jean-François Rial était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi pour évoquer un projet monté avec deux amis : un restaurant solidaire un peu particulier.

C’est un cadre qui détonne un peu pour un restaurant solidaire venant aux aides aux plus défavorisés. PDG du groupe Voyageurs du monde, Jean-François Rial a choisi la crypte de la Madeleine à Paris pour mettre en place un projet qui lui tenait à cœur : ouvrir un restaurant pour les plus démunis. "C’est un restaurant qui a trois caractéristiques par rapport à ce qui peut se faire d’habitude aux Restos du Cœur ou à la soupe populaire. C’est un restaurant culturel, écologique et caritatif. Tout l’objectif est de rendre de la dignité aux gens qu’on accueille. On accueille des gens en difficultés (SDF, migrants…), et l’idée était de leur monter un très bon restaurant pour eux. On les sert dans de vrais plats, de vraies assiettes, on n’a pas de déchets, on fait une vraie cuisine… Toute la nourriture nous est donnée gratuitement, dans un lieu par ailleurs superbe et décoré par des artistes. On s’est mis d’accord avec l’église et le Foyer de la Madeleine pour rénover ce lieu et le rendre absolument sublime", explique-t-il au micro de Sud Radio ce mardi, avant de revenir sur la genèse de ce projet.

"La nourriture vient des restaurants, des grands hôtels, Carrefour, Accor..."

"Le projet initial est de Massimo Bottura, considéré comme l’un des meilleurs chefs au monde et très ami avec mon ami artiste JR. Un soir, JR dîne à la maison et me dit en deux minutes ce que ce chef a fait, il me dit qu’on devrait faire ça à Paris et que je devrais m’en occuper. J’ai trouvé ça génial, le seul problème c’est que c’était un peu compliqué comme projet. Mais il est tellement bon qu’il m’a motivé, et on a monté ça tous les trois : JR, Massimo et moi", raconte-t-il.

Pas d’achats de nourriture pour ce restaurant, qui vit essentiellement de ses accords passés avec d’autres restaurants ou de grandes enseignes. "On récupère de la nourriture qui va disparaître et qui va être jetée si on ne la récupère pas. Ça vient des restaurants, des grands hôtels, de Carrefour, d’Accor, de tous nos partenaires qui nous donnent toute cette nourriture gratuitement. On a tellement de nourriture qu’on va même monter un camion qui va aller distribuer des repas le soir pour les gens qui ne viennent pas ! On peut accueillir 120 personnes par soir, mais on peut donner autant voire le double de repas", assure-t-il.

"J’ai très envie d’en faire un dans le Nord-Pas-de-Calais"

Quant au choix des personnes en difficulté qui viennent manger le soir, Jean-François Rial préfère s’en remettre à des personnes mieux placées que lui. "On ne laisse pas les gens venir comme ça, sinon ce serait la foire aux empoignes. On laisse aux ONG, qui s’occupent de ces gens qui sont beaucoup plus compétents que nous, la décision de savoir qui vient et à quel moment", indique-t-il.

Rappelant toute son estime pour les Restos du Cœur ("C’est fantastique ce qu’ils ont fait, quand on voit le nombre de repas qu’ils distribuent"), Jean-François Rial affirme qu’il est "sur une échelle beaucoup plus petite". Ce qui ne l’empêche pas d’avoir déjà des envies de développement... "J’ai très envie d’en faire un dans le Nord-Pas-de-Calais, même s’il faut que j’en parle à mes amis. C’est n’importe quoi là-bas… Pendant très longtemps, l’État ne fournissait pas les repas. Maintenant il les fournit mais c’est la foire d’empoigne, ils n’y vont pas parce qu’ils se méfient… Les ONG sont dans la mouise… Je pense qu’on a un truc à faire là-bas", glisse-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Jean-François Rial dans le Grand Matin Sud Radio

 

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