Jean-Baptiste Eyraud : les frais de logement des députés, "c'est vraiment un privilège" !

À partir du 1er novembre, une centaine de députés bénéficiera d’une enveloppe rallongée pour se loger quand ils viennent à Paris : elle passe de 900 à 1.200 euros. À l’Assemblée, on prévient que cela doit conduire à plusieurs centaines de milliers d’euros d’économies, en supprimant le remboursement de 200 euros par nuitée des chambres d’hôtels. Et hasard du calendrier, le même jour, c’est la trêve hivernale pour environ 125.000 familles menacées d’expulsions. Cette augmentation des frais pour les parlementaires est-elle malvenue ? Alexandre de Moussac de Sud Radio est allé à la rencontre des députés.

Les frais de logement augmentent pour une centaine de députés à partir du 1er novembre. AFP

Robin Reda : les frais de mandat du député "sont légitimes, à partir du moment où ils sont engagés dans le cadre de son mandat et qu'ils sont dûment justifiés"

Pour le député les Républicains Robin Reda, 1.200 euros pour se loger, en plus des 5.300 euros de frais de mandat mensuels, c’est justifié : "c'est important que les Français sachent que le député, ce n'est pas une personne seule explique-t-il à Alexandre de Moussac de Sud Radio. Il y a une équipe, c'est une personne qui a des responsabilités et qui doit dépenser de l'argent dans le cadre strictement de son mandat. À partir du moment où ces frais sont engagés dans le cadre de son mandat et qu'ils sont dûment justifiés, ils sont légitimes".

 

Alors que sonne la trêve hivernale, l’insoumis Éric Coquerel préfèrerait lui que les députés s’intéressent aux logements des français : "ce n'est pas en supprimant cette augmentation qui concerne certains députés qu'on va régler le problème du logement en France, c'est un problème de politique. Ce qui m'inquiète plus, c'est que certains députés votent des mesures qui vont à l'encontre du logement social et des pauvres dans ce pays".

 

"C'est vraiment un privilège, d'autant plus choquant qu'ils baissent les APL, qu'ils laissent les prix de l'immobilier flamber et les loyers augmenter à toute vitesse !"

Porte-parole de l’association droit au logement, Jean-Baptiste Eyraud a cru à une blague en entendant parler de l’augmentation des frais de logement pour les députés : "ce geste de l'Assemblée nationale est très mal venu, il faut leur dire s'indigne-t-il. Là c'est vraiment un privilège, d'autant plus choquant qu'ils baissent les APL, qu'ils laissent les prix de l'immobilier flamber et les loyers augmenter à toute vitesse !" Jean-Baptiste Eyraud annonce une opération coup de poing de son association vendredi 1er novembre devant l’Assemblée nationale.

L’hebdomadaire l’Obs s’est intéréssé aux frais de mandat des députés. Le journal a mené une enquête auprès des 577 parlementaires de l’Assemblée, et seuls 47 ont répondu. L’Obs relève notamment des frais utilisés pour le pressing, des brushings ou des pleins d’essence. Ce que dénonce le député LREM Florian Bachelier et premier questeur de l’Assemblée, qui a lui-même passé 3 heures avec L’Obs en vue du fameux article : "j'espère que l'Obs sera capable de consacrer des couvertures un peu moins putaclic ! Sans un président de la République derrière les barbelés, sans une Assemblée nationale dans une boule à neige et en parlant des vrais sujets. 

Je comprends surtout qu'économiser 55 millions d'euros en deux ans d'argent public, ne pas demander un euro de plus aux contribuables français et mettre en place de nouveaux outils n'intéresse pas une partie des journalistes" regrette-t-il.