Jean Arcelin : "Il faut beaucoup plus de transparence dans les EHPAD"

"La maltraitance à laquelle j’ai pu assister m’a profondément bouleversé. Selon moi, la fin de vie devrait être un moment paisible", nous a confié Jean Arcelin, ancien directeur d’EPHAD et auteur du livre Tu verras Maman, tu seras bien (éditions du Cherche Midi). Jean Arcelin était l'invité d’André Bercoff le 7 mars 2019 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Thumbnail

Les résidents des EHPAD se font maltraiter de plusieurs manières

"La maltraitance revêt plusieurs formes. Il y a la maltraitance physique et même sadique, qui n’est pas marginale. Il y a la maltraitance psychologique, l'humiliation quand, par exemple, on fait attendre quelqu’un dans ses couches souillées. La nourriture est souvent très médiocre. Dans l’établissement où je travaillais, notre budget repas était de 4 euros par jour, pour 4 repas", a raconté Jean Arcelin au micro d'André Bercoff.

Mais pour Jean Arcelin, "la pire maltraitance, c’est l’abandon". "Les deux tiers des familles ne viennent pas et ce, pour deux raisons. Soit elles sont bouleversées et se disent 'je ne veux pas voir ça'. Soit elles pensent que si leur proche est atteint de démence, qu’ils viennent ou qu’ils ne viennent pas, c’est pareil", a expliqué Jean Arcelin.

La rentabilité des EHPAD explose

Et pourtant, financièrement parlant, les EHPAD n'ont pas à se plaindre. "Comme partout ailleurs, on dégage des rentabilités exceptionnelles. Savez-vous que les cinq plus grands groupes d’EHPAD en France ont vu leur rentabilité exploser, les deux dernières années, de 50 à 400% ? Quand on sait que l’État finance les EHPAD à hauteur de 35% et qu’ils dégagent une telle rentabilité, j’estime que ces 35% doivent revenir à l’État pour ouvrir d’autres EHPAD", a déclaré Jean Arcelin au micro d'André Bercoff.

Pour Jean Arcelin, "il faut beaucoup plus de transparence". "Sur les brochures commerciales des EHPAD, on doit dire : 'notre budget par jour pour nourrir votre maman, c’est ça'. Sur les brochures de l’établissement où je travaillais, il y avait écrit : 'une cuisine de qualité élaborée par un chef'. Il faut aussi mentionner le nombre de soignants par résident, ainsi que leur taux d’absentéisme car, à un moment donné, un tiers des soignants peuvent être absents."

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi.

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !