Invendus non alimentaires : "il y a une accélération de l'obsolescence commerciale"

Pierre-Yves Pasquier, président fondateur de COMERSO, entreprise qui facilite et accélère les solutions zéro déchet, était "L’invité de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 5 juin animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Il revient sur la fin des invendus non alimentaires.

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Pierre-Yves Pasquier : "il y a une accélération de l'obsolescence commerciale"

Édouard Philippe a annoncé mardi 4 juin ce qu'il dit être une première mondiale : l'interdiction de la destruction des biens non alimentaires invendus, comme l'électroménager, les produits d'hygiène ou de beauté. Pour Pierre-Yves Pasquier, président fondateur de COMERSO, "cette évolution de la loi est l'héritage d'une politique de l'État français sur la lutte contre le gaspillage au global et donc initialement la lutte contre le gaspillage alimentaire. Le projet d'Édouard Philippe c'est d'appliquer au non-alimentaire ce qui existe pour la grande distribution et le gaspillage alimentaire : les grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés sont obligées de ne plus détruire les produits encore consommables".

On comprend pourquoi des produits alimentaires périmés sont en partie détruits, mais pourquoi détruire des vêtements, des produits d'hygiène ou de beauté ? "Aujourd'hui, la mode sur le textile est de changer les collections toutes les 3-4 semaines. C'est illusoire de penser que tout est vendu en trois semaines ou un mois. Il y a une accélération de l'obsolescence commerciale, qui se crée dans les boutiques, qui doivent renouveler leurs stocks. Elles sont concentrées sur la vente et le moyen le plus simple de se débarrasser de leur stock, c'est le détruire".

"Les solutions sont le déstockage et la promotion, le don aux oeuvres caritatives et associatives et la valorisation par le déchet"

Il est en réalité possible de recycler l'ensemble de ces produits. "C'est notre métier, on fait ça sur l'alimentaire comme le non-alimentaire. Notre métier est de trouver des solutions pour éviter la destruction. Détruire des produits génère un coût, une perte pour les entreprises. 

Les solutions sont le déstockage et la promotion, le don aux oeuvres caritatives et associatives et quand les produits ne peuvent plus être vendus ou donnés, on gère par la valorisation par le déchet. Une grande enseigne par exemple a collecté 85.000 paires de chaussures usagées ramenées par les consommateurs en échange d'un bon d'achat, et elle a donné 20.000 paires neuves, invendues des collections précédentes, à une association. On est vraiment dans la concrétisation de cette loi".   

 

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