Intrusion dans l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière : les témoins contredisent Christophe Castaner

Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Mercredi 1er mai, des personnes se sont introduites dans l’enceinte de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge du défilé. AFP

Mercredi 1er mai, en marge des manifestations des syndicats et des Gilets Jaunes à Paris, un événement a retenu l'attention : l'intrusion de manifestants dans l'enceinte de l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a parlé d'une "attaque" quand la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est montrée plus prudente. Le Parquet de Paris a annoncé hier soir que les 32 gardes à vue ont été levées. Mais alors, que s'est-il réellement passé ? Pour le savoir, Nicolas Bidard de Sud Radio est allé à la rencontre de témoins de la scène.

Reportage Sud Radio de Nicolas Bidard

 

"C'était vraiment la terreur"

"Ils ont commencé à gazer massivement, avec des gaz qui tombaient dans la foule, qui était hyper compacte. Du coup il y a eu un mouvement de panique : tout le monde a essayé de rentrer dans les immeubles ou dans l'hôpital, c'était vraiment la terreur", raconte Victor, étudiant, qui était présent le 1er mai dans la rue au moment des faits.

Une terreur à laquelle a assisté Loïc. Il habite dans une résidence universitaire au sein de l'hôpital : "ils devaient être une trentaine, ils poussaient la grille par à-coups pour rentrer dans l'hôpital, pour fuir les lacrymogènes, pendant deux-trois minutes, jusqu'à ce que le cadenas finisse par céder".

Une fois le grillage ouvert, Natalia suit le mouvement de foule : "j'ai vu la porte ouverte, je suis rentrée ! Je ne savais pas quoi faire, j'étais complètement tétanisée". Cette militante syndicale se défend de toute mauvaise intention. "Je suis fonctionnaire, donc le service public ça me parle. Il n'y avait aucun panneau qui disait attention réanimation. À aucun moment c'était pour dégrader quoi que ce soit". 

"L'hôpital sert aussi à accueillir les gens en détresse"

Les forces de l'ordre évacuent ensuite les manifestants. Du côté du personnel, on comprend la panique qui a poussé la foule à forcer la barrière. Pour Florence Bedague, infirmière et déléguée CGT du personnel hospitalier, "l'hôpital sert aussi à accueillir les gens en détresse. N'importe qui de sensé court, part et ouvre une barrière par tous les moyens. Dans la panique, c'est ça ou se faire matraquer ! Le gouvernement est en train de faire flamber tout ça". 

L'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l'intrusion, images de vidéosurveillance à l'appui.

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