Intrusion aux Galeries Lafayette : le nouveau mode opératoire des gilets jaunes

Au lendemain d'un acte 53 émaillé par des violences, les gilets jaunes ont choisi un mode opératoire original : occuper un lieu symbolique de la société de consommation. Qu'en ont pensé les clients ? Les vendeurs eux-mêmes ? Et le mouvement ?

Les manifestants devant les Galeries Lafayette à Paris

Un reportage de Mathilde Jullien aux Galeries Lafayette à Paris.

 

Après un an de contestation et de répression, les gilets jaunes n’ont pas obtenu gain de cause. Pour se faire entendre, ils ont choisi d’occuper des enseignes commerciales sur un mode pacifique. Hier, le rendez-vous avait été donné sur le quai de métro Gare Saint Lazare, en direction des Galeries Lafayette pour une occupation surprise.

Au 3ème étage des galeries, le premier coup de sifflet retentit à 13h. Dès lors, l’occupation est lancée, les militants sortent leurs gilets jaunes et lancent des confettis sous les yeux amusés de Kira et Steeve. Ces deux vendeurs font partie des 52% de Français solidaire du mouvement selon un sondage IFOP-Fiducial.

"Je ne suis pas gilet jaune mais je soutiens le mouvement et en plus, c'est bon enfant". selon Kira, vendeuse aux Galeries.

En revanche, les acheteurs sont loin d'afficher leur soutien, à l'image de Paola, venue pour faire du shopping.

"C'est dangereux, c'est honteux, c'est pas comme ça qu'il faut parler pour faire entendre ses revendications." Paola, venue faire du shopping aux Galeries Lafayette.

Chez les gilets jaunes, le discours est tout autre. Nathalie est loin de partager l'avis de Paola et considère que la première violence est celle du gouvernement qui pousse les citoyens à bout.

"La violence, ce n'est pas de casser un symbole anti-capitaliste comme une vitrine, ce sont tous ces chômeurs à la rue !" considère Nathalie, gilet jaune.

Plus ciblé encore, Odile accuse même les policiers d’être responsables car pour elle, la "violence se situe en face alors que ça fait 1 an que les gilets jaunes manifestent".

Dans les magasins, pas de dégradations sinon des confettis parsemés parterre. En somme, l’occupation s’est soldée par une fermeture pour la journée et d’une amende de 135 euros pour les participants qui étaient attendus à la sortie par les forces de l’ordre.