Immeuble rue d'Aubagne: "on a signalé qu'il allait s'effondrer. Qu'est-ce qu'on a fait? Rien"

Le drame de la rue d’Aubagne aurait il pu être évité ? Un rapport du Haut Comité au logement pour les personnes défavorisées pointe du doigt la responsabilité de la mairie et de la préfecture dans les effondrements de deux immeubles qui ont coûte la vie à huit personnes le 5 novembre 2018. "Il ne s’agit pas de faits divers accidentels mais du résultat d’une série de dysfonctionnements" explique ce document dévoilé ce jeudi. Autre enseignement, si 100 000 marseillais vivent toujours dans des logements insalubres c’est que la ville ne construit pas assez de logements sociaux.

(Christophe SIMON / AFP)
Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Quatre enfants, un petit salaire de fonctionnaire, un mari au chômage et déjà 10 ans d’attente pour Christine qui ne se fait plus trop d’illusions sur sa demande de logement social.

"On m'a fait comprendre que j'avais que deux enfants à l'époque. C'était pas suffisant, d'autres en ont quatre, cinq.... Je connaîtrais les bonnes personnes, je pense que j'en aurai un depuis un moment !"

Si 100.000 marseillais continuent de vivre dans des habitations insalubres c’est qu’il n’y a pas assez de logements sociaux. 21,6 % de HLM mais des disparités énormes suivant les quartiers.

 

4% de HLM en centre-ville, 45% dans les quartiers Nord

Marie Arlette Carlotti préside le Haut Comité au Logement pour les personnes défavorisées. "Vous savez combien de logements sociaux dans le centre-ville? 4% ! Et 45% dans les quartiers nord de Marseille. Il y a des gens qui attendent depuis des dizaines d'année un logement social: ils ne l'auront pas parce-que y'en a pas.  Je leur demande, à tous ces  élus, de donner 100% de leur contingent municipal aux populations en difficulté plutôt qu'à leurs copains !"

La cité phocéenne est aussi à la peine sur les logements très sociaux aux loyers encore plus bas que les HJLM. Pascal Caserta préside une association de défense des locataires. "Tous les terrains qui se libèrent sont vendus à des promoteurs avec la bénédiction de la mairie !" De son côté la ville de Marseille n’a pas souhaité répondre à nos questions.

 

"On savait qu'il allait s'effondrer"

Le drame de la rue d'Aubagne? Il ne s’agit pas de faits divers accidentels mais du résultat d’une série de dysfonctionnements" explique ce document... Ce que constate Marie Arlette Carlotti préside le Haut Comité au Logement pour les personnes défavorisées. "On n'a pas fait d'arrêté de péril ! 1700 signalements n'avaient pas été traités ! 53 seulement, vous-vous rendez compte?  Plusieurs expertises ont signalé que [l'immeuble rue d'Aubagne] allait s'effondrer. On n'a rien fait !"