Hadama Traoré : "on doit savoir qui est réellement Mickaël Harpon, on veut la vérité"

Hadama Traoré, militant d’Aulnay, autoproclamé candidat des banlieues, avait appelé lundi 7 octobre à manifester pour "rétablir la vérité" sur Mickaël Harpon. Il a été placé en garde à vue : il est accusé de "menace, acte d'intimidation sur une personne exerçant une fonction publique ou d'utilité collective, menace de crime contre les personnes et outrage". Hadama Traoré voulait organiser un rassemblement pour voir Mickaël Harpon autrement : il affirme que Mickaël Harpon n’est pas un extrémiste religieux. Joint quelques heures avant son arrestation par Clément Bargain de Sud Radio, il se justifie sur ce rassemblement et dit ne jamais avoir soutenu Michael Harpon.

Hadama Traoré avait appelé lundi 7 octobre à manifester pour "rétablir la vérité" sur Mickaël Harpon. AFP

Hadama Traoré : "à aucun moment la DGSI n'a remis une enquête comme quoi c'était un terroriste animé d'une revendication religieuse"

Selon Hadama Traoré, l'objectif du rassemblement était de pointer du doigt la désinformation politique et médiatique : "lorsqu'il a commis ses crimes atroces, que je condamne fortement, à aucun moment il n'était animé de revendications religieuses, confie Hadama Traoré au micro de Clément Bargain de Sud Radio. Aujourd'hui, on est parti fouiller dans sa vie culturelle, mais à aucun moment on est allé voir sa vie sociale et professionnelle, regrette-t-il. Et ça n'est pas normal !

À aucun moment la DGSI n'a remis une enquête comme quoi c'était un terroriste animé d'une revendication religieuse. C'est les politiques et les médias qui ont conclu ça !"

 

 

"Mickaël Harpon se faisait appeler Bernardo, le petit esclave dans la série Zorro"

Hadama Traoré indique avoir mené un travail de fond pour comprendre qui était Mickaël Harpon. Il s'est entretenu avec une collègue qui a travaillé avec lui pendant dix ans, avec ça sœur, son professeur d'arabe : des proches qui évoquent la jeunesse difficile de Mickaël Harpon et un véritable mal-être au travail lié à son handicap. "Il se faisait appeler Bernardo, le petit esclave dans la série Zorro. C'est un acte isolé d'une personne qui a tout simplement pété les plombs, par rapport à son contexte familial et professionnel".

Hadama Traoré, qui souhaitait maintenir le rassemblement malgré l'interdiction de Christophe Castaner : "coûte que coûte, on va tout faire pour aller devant la mairie de Gonesse, afin de faire un appel pour que toutes les personnes qui connaissaient Mickaël de près ou de loin puissent nous dire comment il était ! On doit savoir qui est réellement Mickaël, on veut la vérité".

Des propos qui suscitent l’indignation : "c'est révoltant et condamnable, s'insurge Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman. On doit un respect à la mémoire de ces policiers qui ont été tués et pour leur famille".

 

 

Depuis cet entretien, Hadama Traoré a été placé en garde-à-vue.