Guillaume Garot (président du CNA) : "L'alimentation est le miroir des inégalités"

Guillaume Garot, député PS de la Mayenne et président du CNA (Conseil national de l’alimentation), était ce mardi l'invité de Sud Radio Dans le Grand matin Été.

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Les états généraux de l'alimentation se sont ouverts la semaine dernière, avec plusieurs acteurs aussi divers et variés que ceux de la grande distribution ou encore des représentants d'ONG. On en parle avec notre invité Guillaume Garot, député PS de la Mayenne, qui est également le président du Conseil national de l’alimentation (CNA).

Bonjour Guillaume Garot, vous êtes député PS de Mayenne mais aussi président du Conseil national de l'alimentation. C'est une instance qui n'est pas forcément très connue des Français, pouvez-vous nous dire de quoi s'agit-il ?

En fait c'est le Parlement de l'alimentation, puisque ce Conseil national réunit tous les acteurs de l'alimentation en France, depuis les producteurs, donc les agriculteurs, jusqu'aux consommateurs à travers les associations. Et puis aussi les représentants des entreprises de l'agroalimentaire et de l'alimentaire, des associations des ONG... Bref, tous ceux qui ont à voir au quotidien avec l'alimentation. La mission de ce Conseil, c'est de formuler aux pouvoirs publics, au gouvernement, à l'Union européenne, des recommandations, des propositions pour améliorer notre alimentation.

C'est une instance qui existe depuis une trentaine d'années. Il y a beaucoup de travail évidemment avec ces états généraux, ce sera un long processus sur plusieurs mois, n'est-ce pas ?

Oui, c'est ce qu'a annoncé le gouvernement. D'abord, c'était un engagement du candidat Macron. L'idée c'est que l'on puisse, à l'échelle de notre pays, définir des objectifs clairs pour notre alimentation. C'est vrai qu'aujourd'hui - en tout cas c'est l'analyse que je fais - l'alimentation est le miroir des inégalités. Regardez la carte de l'obésité, elle se superpose à la carte de la précarité en France. Donc, il y a un vrai enjeu, celui de faire en sorte que chacun, dans notre pays, ait accès à une alimentation qui ne soit pas simplement suffisante mais surtout saine et on sait aujourd'hui les difficultés que nous pouvons avoir lorsque certains consommateurs sont méfiants devant leur assiette. Il faut sortir de ça et pour cela, il faut faire en sorte que notre assiette soit meilleure demain.

Tout le monde le souhaite naturellement. Tous ces acteurs, avaient-ils vraiment besoin de se parler ?

Oui, parce qu'en effet chacun est un peu dans son couloir mais à un moment donné, il faut bien que l'on trouve des solutions ensemble et en particulier des solutions par rapport à une urgence...

...en même temps, tous ces acteurs n'ont pas les mêmes intérêts

Exactement, vous avez complètement raison. Tant mieux si on peut trouver des compromis. Sinon, il faudra bien que le gouvernement - et c'est sa responsabilité - arbitre et tranche.

Alors justement, est-ce que le cap du gouvernement est clair ?

Ce que je souhaite en tout cas, c'est qu'il y ait des résultats. D'une certaine façon, c'est un grenelle de l'environnement pour l'alimentation mais il faut que ça débouche sur quelque chose. D'abord, il y a une urgence. Il faut que chacun puisse vivre de son travail. Qu'est-ce qui se passe pour les agriculteurs ? On le sait, une moitié d'entre eux a à peine 350 euros par mois de revenus. On ne peut pas en rester là, il faut sortir de ça. Il faut donc rééquilibrer les relations entre les agriculteurs et la grande distribution, en passant bien sûr par la transformation, les industriels et les entreprises de l'alimentation. Et pour ça, il faut que le gouvernement prenne des positions très claires.

>> Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview :