Grève des urgentistes : "on se dirige vers un renforcement du mouvement"

Aux urgences, on fait grève... en travaillant
Aux urgences, on fait grève... en travaillant - (photo d'illustration) - MARTIN BUREAU / AFP

Juliette Richard, infirmière, membre du collectif Inter-urgences, était "L’invitée de l’actu" dans la matinale de Sud Radio du 7 juin animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger. Elle revient sur la crise des urgences qui s'intensifie.
 

Juliette Richard : "on se dirige vers un renforcement du mouvement"

Après plus de dix semaines de lutte, un nouveau palier a été franchi avec une recrudescence des arrêts maladie chez les soignants. Des manifestations ont eu lieu jeudi 6 juin et des rencontres avec Agnès Buzyn. "On se dirige vers un renforcement du mouvement explique Juliette Richard, infirmière et membre du collectif Inter-urgences. Les négociations et la rencontre d'hier n'ont strictement rien donné. Ça fait des semaines que l'on travaille sur nos demandes et nos revendications et aucun travail n'est fait du côté du ministère. C'est un jeu de ping-pong qui se passe".

Une revalorisation salariale de 300 euros est demandée notamment. "Il a été proposé hier une prime de risque qui avoisinerait les 97 euros. C'est un pas vers nous mais ce n'est pas du tout les 300 euros qu'on espère et qu'on exige. On n'en peut plus d'être en sous-effectif, on est épuisé, à bout de souffle et à bout de nerfs et il n'y a strictement rien qui est proposé à part de miettes de pain de ci de là". 

"Certains viennent parce qu'il manque de médecins dans les villes mais ce n'est pas la majorité des gens"

Quand on va aux urgences dans certains endroits, c'est devenu une cacophonie, il y a trop de patients et pas assez de personnel. Ne faudrait-il pas avant tout réorienter le public qui va aux urgences pour tout et n'importe quoi ? "Parfois c'est juste de l'inquiétude, nous on est là pour ça aussi. Certains viennent aux urgences parce qu'il manque de médecins dans les villes mais ce n'est pas la majorité des gens. Les gens pensent que c'est une urgence parce qu'ils sont très inquiets. Ce n'est pas forcément une urgence vitale, mais ça reste une urgence relative. Ce n'est pas la majorité qui vient pour rien non plus. Les gens sont sur des brancards pendant des heures parce qu'ils doivent être hospitalisés, parce que leur cas est urgent et parce qu'ils doivent aller dans un service qui n'a pas de place". 

83 services d'urgences sont mobilisés. L'objectif est-il une paralysie totale ? "On continue de mobiliser les autres urgences qui se questionnent ou qui veulent se mettre en grève, pour durcir le mouvement. J'appelle toutes les urgences de France à nous contacter pour durcir le collectif".

 

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