Grève des urgences : "On est à bout de souffle"

Selon le collectif Inter-urgence, un tiers des services d'urgence (223) sont en grève. Le mouvement s'est propagé à travers  le territoire. Les soignants attendent toujours d'être entendus par le gouvernement.

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Avec 223 services d'urgence en grève, c'est un tiers des hôpitaux du pays qui sont touchés. (Photo by Fred Dufour / AFP)

 

Valentine Rault de Sud Radio a rencontré Mathieu, infirmier aux urgences de l'hôpital de Melon en Seine-et-Marne. Il est en grève depuis le mois de juin.

Pas plus de 5 minutes par patients

Mathieu est devenu infirmier par conviction, après une reconversion professionnelle. Mais après l'école, la réalité du terrain a été une amère désillusion :

"Quand vous arrivez à l'école, on vous dit que quand vous voyez un patient, vous allez vous asseoir à la même hauteur que lui pour lui. On vous explique qu'il faut l'écouter. Savoir pourquoi il vient. Aujourd'hui c'est impossible. On a 5 minutes pour prendre le patient, le checker et l'orienter."

Pour lui le gouvernement n'a pas conscience de l'ampleur du problème et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, évite de visiter les urgences.

"Faire des visites dans les urgences qui sont préparées, où on dégage les couloirs et où on fait place propre pour pouvoir dire à la ministre 'vous voyez tout va bien' ça n'a pas de sens. Elle n'a qu'à venir chez nous pour se rendre compte que nous sommes en pénuries de chambres et de personnels. On est à bout de souffle, on fait des heures à n'en plus finir."

De nouvelles mesures annoncées en septembre

Face à la grève une enveloppe de 110 millions d'euros a été débloquée pour notamment financer des primes aux personnels soignants. Mais c'est une somme insuffisante pour Mathieu : " C'est de la poudre aux yeux. On demande à ne pas être pris pour des imbéciles. On a besoin de moyens pour bien travailler et une meilleure prise en charge des patients".

Les personnels grévistes de l’hôpital de Melun compte maintenir la grève tant que les moyens demandé ne seront pas mis en place. La ministre doit annoncer de nouvelles mesures d'urgence en septembre.

Témoignage Sud Radio recueilli par Valentine Rault.