Grève des éboueurs à Marseille : "Ça attire les rats, qui finissent par monter dans les étages"

Les poubelles commencent à s’entasser à Marseille, et ça risque de durer. Après la CGT, Force Ouvrière lance un appel à la grève dans tous les services de collecte des ordures de la métropole Aix-Marseille-Provence. Le conflit porte sur le temps de travail et le passage des agents aux 35h. Les négociations sont au point mort et dans la cité phocéenne, cette grève commence à laisser des traces.

Les poubelles commencent à s’entasser à Marseille, et ça risque de durer... © Sud Radio

Reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

"Ça sent pas bon, ça attire les bestioles, les rats, qui finissent par monter dans les étages... On subit !"

Dans le quartier de la gare Saint Charles, cette grève commence déjà à se voir et à se sentir, au grand dam des habitants. "C'est dégradant pour la ville se déplore un Marseillais. Se retrouver avec des tas d'ordures qui traînent dans les rues, c'est inconcevable !" "Ça arrive souvent et il y en a marre ! ajoute une riveraine. Ça sent pas bon, ça attire les bestioles, les rats, qui finissent par monter dans les étages... On subit !"

À l’origine du conflit : le temps de travail des éboueurs. Au 1er janvier la loi va leur imposer de passer aux 35h, ce qui n’est pas le cas à Marseille : grâce au système du fini-parti, les agents peuvent rentrer chez eux dès que le travail est terminé. "C'est la fameuse loi des 35h, qui dit qu'on doit travailler 1.607 heures par an, c'est l'article 1 explique Patrick Rué, le secrétaire général de Force Ouvrière, le syndicat majoritaire à la métropole Aix-Marseille-Provence.

 

Éboueurs : "Il faut vraiment prendre en compte la difficulté du travail"

"Mais après il y a l'article 2, mais celui-là il leur plaît moins. Il dit qu'en fonction de la pénibilité, des agents qui travaillent le soir, le dimanche, en décalé ou la nuit, s'il y a un de ces critères, ils peuvent travailler moins d'heures rappelle-t-il. Les éboueurs et la propreté ont tous ces critères ! Pour nous, il faut vraiment prendre en compte la difficulté du travail".

 

"Quand on harmonise, on harmonise tout, notamment les primes !"

"Imaginez que votre patron vienne vous voir pour vous demander de travailler 28 jours supplémentaires et pour ça, vous n'aurez pas un euro de plus parce qu'il faut harmoniser sur toute la métropole explique Patrick Rué. Harmoniser, pourquoi pas, on peut en parler reconnaît-il, mais par contre quand on harmonise, on harmonise tout, notamment les primes ! Il y a des écarts de primes jusqu'à 200 euros par mois en fonction des territoires annonce-t-il, ce n'est pas rien !"

Un conflit parti pour durer car pour l’instant, les négociations avec la métropole n’ont rien donné.

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