Grand débat national : "J'appelle ça le 'grand dégât' ou la thérapie de groupe"

Officiellement, le grand débat national se termine demain. Ensuite, toutes les propositions citoyennes seront analysées, étudiées pour arriver, courant avril, aux annonces du gouvernement. Mais les Français sont de plus en plus sceptiques à propos de ce grand débat : ils sont maintenant 70% à penser qu'il ne résoudra pas la crise (+4%). Du côté des "gilets jaunes", si la majorité est restée en retrait, certains ont joué le jeu. Benjamin Glaise de Sud Radio a rencontré l'un d'entre eux.

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"J'appelle ça le 'grand dégât' ou la thérapie de groupe"

Au départ, Adel avait prévu de boycotter le grand débat. Mais après quelques jours de réflexion, ce "gilet jaune" francilien a finalement changé d'avis : "Je ne veux pas qu'on me le reproche après, que le gouvernement trouve l'explication facile de dire 'on met des outils en place, un grand débat, mais vous n'avez pas saisi votre chance donc maintenant, je ne prends pas de mesure et ça continue comme ça'".

En deux mois, Adel a participé à trois réunions publiques, mais ça n'a pas changé sa vision du grand débat : "J'appelle ça le 'grand dégât' ou la thérapie de groupe". Et pour cause, à chacune des réunion, Adel en est ressorti "quelque part un peu frustré. On s'investit pendant deux-trois heures, on cherche, on discute, on joue le jeu. Mais on sait en sortant de là que ça va mener à rien. On a l'impression d'aller voir son psy".

Le questionnaire est biaisé : "Aujourd'hui la priorité, c'est de manger, de remplir son frigo"

Adel a formulé plusieurs propositions sur la plateforme en ligne: "Encadrement des loyers, des prix de première nécessité". Mais pour lui, c'est le questionnaire même qui est biaisé : "La question 'que pensez-vous de la laïcité', on s'en fout ! Aujourd'hui la priorité, c'est de manger, de remplir son frigo. Les salaires, on n'en parle jamais, le logement, on n'en parle jamais". 

Ce soir, Adel participera tout de même à une ultime réunion publique, sa quatrième depuis janvier. Une façon de ne pas perdre espoir, même s'il reste très sceptique sur les résultats de ce grand débat.