Gilets Jaunes : Faut-il interdire les prochaines manifestations ?

Faut-il interdire les prochaines manifestations ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 18 Mars. Avec pour invités :
- David Michaux, secrétaire national CRS Unsa Police ;
- Éric Roman, capitaine de police, secrétaire national du syndicat France Police - Policiers en colère ;
- Faouzi Lellouche, Gilet Jaune de la première heure, dirigeant associatif dans un quartier prioritaire à Sevran ;
- Philippe Lhoste, porte-parole du Mouvement des Foulards Rouges ;
- Jean-Marc Guyot, Gilet Jaune « constructif » ;

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Faut-il interdire les prochaines manifestations après les nouvelles violences sur les Champs Elysées samedi ? Que dit la loi ? "C’est possible d’interdire une manifestation surtout quand elle n’est pas déclarée, comme ce fut le cas pour la mobilisation parisienne de samedi, estime Véronique Jacquier. Contrairement au droit de grève, le droit de manifester n’est pas inscrit dans la Constitution".

Le choix du pourrissement ?

Mais, symboliquement, ce bloc est garanti dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Les interdictions sont donc extrêmement rares. Le Conseil d’État tranche sur un critère : y a-t-il ou non risque de troubles graves à l’ordre public ? Dans le cas des manifestations de Gilets Jaunes, la récurrence de la violence serait un motif légitime d’interdiction. "Le fait que samedi, le kiosquier des Champs-Elysées aurait pu brûler avec ses journaux aussi, juge Véronique Jacquier, l’incendie de la banque qui a mis en danger les habitants de tout un immeuble également"... La question de l’interdiction des manifestations de Gilets Jaunes s’est déjà posée après les graves incidents du 1er décembre dernier, quand l’Arc de Triomphe a été défiguré. "Mais le gouvernement a préféré se lancer dans des interpellations préventives le 8 décembre au matin. Ce qu’il n’a pas fait pour l’acte 18 alors que la présence de casseurs était redoutée, souligne Véronique Jacquier. La stratégie du ministère de l’Intérieur est incompréhensible, sauf si le gouvernement a sciemment fait le choix du pourrissement de la situation".

"Vu le dispositif et ce qui se passe, on est obligé de prendre des décisions fortes, juge David Michaux, secrétaire national CRS Unsa Police. On devrait appliquer ce qui devrait l’être et on ne le fait pas. Les manifestations déclarées, il va falloir qu’on les encadre avec un dispositif adapté. Ce qui allait se passer, tout le monde l’avait annoncé. Ceux qui ont mis ce dispositif sur les champs, était à la rue, avec douze compagnies derrière des barrières, absolument pas engagées ! Pour nous, c’est une volonté de ne pas aller au contact direct, car les autorités craignent les affrontements. On a des professionnels et on ne les utilise pas comme il faut. C’est pas une question de confiance, qu’on nous donne les ordres".

Une guérilla urbaine

Maintenant, il faut vraiment interdire les manifestations. Et les interdire seulement sur les Champs Elysées ne suffirait pas. En effet, C’est tout le quartier qui a été dévasté. Et des villes comme Bordeaux et Toulouse ont aussi fait les frais des casseurs et des Gilets Jaunes depuis le 17 novembre. "Les commerçants en ont ras-le-bol. De plus en plus de salariés connaissent le chômage technique. Et la France devient la risée du monde entier". Emmanuel Macron a promis des actes forts. Il pourrait prendre les pleins pouvoirs comme l’autorise l’article 16 de la Constitution. "Mais le Président ne considère pas que les circonstances sont exceptionnelles, sinon il ne serait pas parti au ski !", ironise Véronique Jacquier. Reste donc comme signal fort, l’interdiction des manifestations réclamées par Manuel Valls, Yannick Jadot chez les Verts, Eric Ciotti chez les Républicains. "Si rien n’est fait, le signal est donné aux black blocks d’extrême gauche alliés à certains Gilets Jaunes qui peuvent faire durer ce dans quoi nous sommes en train d’entrer : une guérilla urbaine".

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