Gilets Jaunes, acte 19 : êtes-vous pour la mobilisation de l'armée ?

Êtes-vous pour la mobilisation de l’armée lors de l’acte 19 des Gilets Jaunes demain ? C’est le débat du jour avec Véronique Jacquier dans "Info vérité" sur Sud Radio le 22 Mars. Avec pour invités :
- Christian Estrosi, maire Les Républicains de Nice ;
- Général Emmanuel de Richoufftz, général de division (retraité) ;
- Jean Messiha, délégué national du Rassemblement national ;
- Laurent Ségnis, fondateur du collectif des « Gilets Bleus » ;
- Adel, Gilet Jaune, membre du collectif de Rungis.

Info Vérité est diffusée tous les jours à 7h10 et 9h15 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

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Faut-il vraiment mobiliser l’armée lors de l’acte 19 des Gilets Jaunes demain ? Ce renfort sécuritaire fait polémique. Est-ce une bonne idée d’utiliser ainsi l’armée ?

Des soldats face à des manifestants ? 

"Ce n’est pas n’importe quelle force qui est sollicitée. C’est la mission anti-terroriste", souligne Véronique Jacquier. Depuis 2015, 7.000 hommes veillent sur nos monuments, nos églises et synagogues. Ils patrouillent dans les gares et les aéroports. Ils sont armés, mais ne possèdent ni casque ni bouclier. Ils ne sont pas là pour le maintien de l’ordre. "Comment vont-ils agir et réagir s’il y a contact avec des Gilets Jaunes mêlés à des black blocks ?, s’interroge Véronique Jacquier. Comment vont-ils se comporter s’il faut prêter main forte à des policiers en prise avec des manifestants ?"

Cette situation s’est déjà produite en 2016, à Strasbourg. Les militaires avaient alors protégé les policiers en difficulté ; mais ils ne s’étaient pas immiscés dans le maintien de l’ordre. Pourtant, à l’époque, Jean Yves Le Drian, ministre de la Défense, s’était alarmé du mélange des genres. Toujours en 2016, lors d’une manifestation contre la loi Travail, des casseurs s’en étaient pris au musée des Armées, aux Invalides, à Paris. Un gendarme aidé par des soldats de la force Sentinelle avait eu tout juste le temps de fermer les grilles du musée. Les militaires n’avaient pas eu à intervenir contre les casseurs. Mais à l’époque, là encore, leur présence avait été critiquée. "Leur mission, c’est la lutte contre le terrorisme", avaient déclaré des hauts gradés de l’armée. "Demain, attention à ce qu’ils ne soient pas en première ligne pour juguler la violence, si violence il y a, estime Véronique Jacquier. Les images seraient désastreuses pour l’armée et pour notre pays." A quoi bon, qui plus est, si chaque homme de la force Sentinelle en faction, se voit in fine doublon par un policier ?

Des ennemis de l'intérieur

Pourquoi le gouvernement est-il favorable à ce recours à la force Sentinelle ? Pour laisser les policiers se concentrer sur le maintien de l’ordre, dit-on, avec usage du marquage indélébile pour repérer les casseurs et renfort de drones. "Le gouvernement monte d’un cran dans la riposte sécuritaire. Il y a maintenant vraiment une radicalisation côté pouvoir et côté Gilets Jaunes et gilets noirs."

Sur le plan politique, le signal n’est pas à l’apaisement. "Faire appel à une force antiterroriste, c’est tout de même considérer les manifestants comme des ennemis de l’intérieur, souligne Véronique Jacquier. Ce que le gouvernement assume, puisqu’il dénonce ceux qui veulent démolir la République. Mais c’est un aveu de faiblesse de mettre l’armée pour sécuriser les lieux de pouvoir face à seulement 1.500 Black Bocks et quelques milliers de Gilets Jaunes mêlés à des gilets noirs".
 
Alors que le président chinois se rend bientôt à Nice, Christian Estrosi, maire Les Républicains de Nice, a pour sa part obtenu une large interdiction de manifester sur sa ville. "C’est l’image de la France qui est exécrable sur la scène internationale, ce sont des images de guerre civile, constate le maire. Maintenant je dis ça suffit. Cela fait plusieurs semaines que l’on demande des interdictions de manifester dans des hypocentres menacés. Mardi, des réseaux sociaux ont commencé à demander de se réunir de toute la France, là où nous avions eu jusque-là des Gilets Jaunes faisant valoir des revendications pour plus de justice sociale, et évité toute casse. J’ai demandé qu’un arrête très strict d’interdiction de manifester soit pris à Nice, sur un grand tiers de la superficie de la cité. À partir du moment où nous savons notamment que vont venir en provenance du Piémont, de Lombardie et de Ligurie, des Black Blocks connus et identifiés, vus lors d’un G20 à Cannes, il y a des précautions à prendre dès la frontière italienne. Des moyens conséquents m’ont été confirmés hier."

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