Gérer les patients impatients aux urgences: "J'ai été obligé de le taper et lui faire une piqure pour le calmer"

Les soignants réunis en assemblée générale ont voté ce mardi la prolongation avec une journée de mobilisation le 26 septembre prochain. Ils réclament plus de moyens humains et financiers. Parmi les problèmes auxquels ils sont confrontés : la violence. Rassemblement à 13h30 ce mercredi à Nice devant le Palais de justice pour dénoncer les violences faites aux personnels hospitaliers. 32.000 personnels hospitaliers victimes d’atteintes aux personnes par an selon le rapport annuel de l’observatoire annuel des violences en milieu de santé, pour les chiffres de l’année 2018… Attaques, violences, insultes, agressions physiques ou menaces de morts font parti du quotidien des personnels hospitaliers.

Des urgences à Nantes. (Photo par LOIC VENANCE / AFP)

Reportage Sud Radio de Cyprien Pézeril

Obligé d’en venir aux mains pour calmer un patient, Mathieu, infirmier aux urgences de Martigues est encore sous le choc… C’était il y a moins de 2 mois: "Un patient qui a passé quatre heures aux urgences pour des maux de ventre. Il a estimé que sa prise en charge n'était pas suffisante. Il s'en est pris au médecin, une jeune dame. J'ai été obligé de taper le patient, de le sédater pour le calmer".

D'autres subissent des insultes, des menaces de morts, des jets de bouteilles en verre… Les raisons sont multiples déplore Laurent Aide Soignant à Paris. "Pathologies psychatriques, drogues... Mais aussi le temps d'attente, qui rend les gens violents. Quand ça s'éternise pour certains".

 

Manque de personnel

Nombre d'hôpitaux engagent des agents de sécurités, d’autres ont une ligne directe avec la police… Mais ce n’est pas la solution, selon Yann. infirmier à Mont de Marsan. "Quand y'aura les moyens en personnel, les gens agresseront dix fois moins le personnel !"

Chaque jours, près de 90 soignants sont victimes de violence sur leur lieu de travail.

 

 

"Les gens s'en prennent aux infirmières, car c'est elles qui sont là" - Yann, infirmier