Gel des vols États-Unis-Europe - "Il y a une espèce de discrimination"

Donald Trump a annoncé la fermeture des frontières américaines pour les Européens. Son objectif est simple : endiguer l'épidémie de Covid-19 qui épargne plutôt les États-Unis avec deux fois moins de malades diagnostiqués qu'en France. Cette annonce a surpris beaucoup de voyageurs, touristes comme professionnels.

Les voyageurs affluaient devant les écrans de vols. Beaucoup se sont précipités sans même se renseigner sur les vols disponibles. (Photo de Bertrand Guay / AFP)

Un reportage de Clément Bargain à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle pour Sud Radio.

 

Selon les voyagistes français, entre 100 000 et 300 000 voyageurs sont concernés par ces mesures du fait notamment que 80 vols - aller et retour - relient chaque jour Paris au pays de Donald Trump, soit 8% du trafic à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Depuis des mois, Cyril a prévu ce voyage à New-York avec son frère. Malgré les mesures drastiques, il ressort du guichet Air France, billet d’avion à la main.

"On vient de passer une demi-heure au guichet, on ne savait pas si on pouvait partir, entrer sur le territoire mais surtout comment va-t-on rentrer en France ? On nous a conseillé de tout annuler mais oui, on prend le risque" assume pleinement Cyril.

Certains touristes ont quant à eux, tenté d’avancer leur voyage, à l'image de Victor. Mais le musicien n'a pas eu la même chance que Cyril et son frère, difficile voire impossible pour lui d’avoir un billet à la dernière minute…

Victor, la mine dépitée, doit faire une croix sur son rêve américain : celui de jouer avec son groupe aux États-Unis."La priorité pour les Américains, c'est de rentrer dans leur pays mais quand on est Français, on ne peut pas. On devait avoir des concerts là-bas mais on se rend compte qu'ils sont tous annulés".

 

"Discrimination" pour certains, "justifié" pour d'autres

Cette décision de fermer les frontières est incompréhensible pour de nombreux voyageurs. Éric travaille aux États-Unis.

Éric, directement pénalisé professionnellement parlant, tient des mots forts. "Trump accepte que le Royaume-Uni parte vers les États-Unis donc il y a une espèce de discrimination. Ce n'est pas normal."

Édouard, lui, fait escale aux États-Unis. Il fera partie des derniers passagers européens à poser le pied sur le sol américain et comprend la décision de Donald Trump.

Le système social américain est tout sauf adéquat à la situation selon Édouard. "Il y a aussi un grand sentiment de peur car je ne suis pas sûr que les Américains soient prêts à tout ce qu'il peut se passer. Malgré tout ce qu'ils disent, ils ne sont jamais vraiment prêts au niveau médical et vu le système social qu'ils ont, ça risque d'être compliqué pour les gens qui n'ont pas de moyens..."

Pour information, Air France propose d’échanger ou de rembourser les billets d’avion sans frais supplémentaires.