Frédéric Denhez : le véganisme est "un intégrisme de pensée"

Frédéric Denhez, écrivain, journaliste, chroniqueur, auteur de « La cause végan, vers un nouvel intégrisme » (éditions Buchet/Chastel), était l’invité d’André Bercoff, mercredi 16 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Frédéric Denhez invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Frédéric Denhez s'est penché sur la cause végan qu'il définit comme une nouvelle "religion", un "intégrisme". Il explique au micro d'André Bercoff quels sont les dessous de cette idéologie qui mène quelques fois au saccage de boucheries.

 

Définir le végan

On mélange souvent les différentes catégories de végétariens, de végétaliens ou de végans. Frédéric Denhez tente de définir ce dernier terme. "Ce sont des végétaliens jusqu'au-boutistes". Ils ne "mangent aucun produit d'origine animale, ils n'utilisent aucun produit d'origine animale pour se vêtir, ils ne boivent même pas de bière puisque dans le processus de fermentation il y a de la gélatine de porc", énumère-t-il. "Ils se coupent de tout ce qui est l'occasion d'une souffrance qui n'est autre que de la souffrance naturelle", précise le journaliste.

Mais Frédéric Denhez ne souhaite pas s'en prendre aux partisans du véganisme. "J'attaque toujours les religions, jamais les croyants, chacun fait ce qu'il veut", note l'auteur. Mais pour lui, "le problème c'est la philosophie qu'il y a derrière". Pour les philosophes et porte-paroles "autoproclamés" du monde végan, "il s'agit de se couper de la nature parce qu'elle est un lieu de souffrance et que quelque soit les relations entre l'homme et la nature la nature va souffrir, on va donc rajouter une souffrance supplémentaire", rapporte-t-il. Et la réponse à ces souffrances pour les vegans, c'est de "ne pas faire souffrir les animaux, donc de ne pas les élever, les abattre ou les manger". Une  philosophie "d'ordre puritaine", dont on retrouve les prémices chez des puritains britanniques du XIXe siècle et américains au XVIIIe siècle.

Pas de distinction entre l'homme et les autres espèces

Pour les vegans, les souffrances naturelles ne donnent pas le droit aux humains de "rajouter une souffrance supplémentaire". Frédéric Denhez ajoute que les partisans du véganisme sont des "antispécistes". Ils considèrent donc que "ce n'est pas parce qu'il y a des différences entre l'homme et les animaux que l'homme doit en profiter pour exercer une dictature sur les autres espèces". Une dictature qui selon eux se traduit par l'élevage, "une forme d'oppression", voir de "génocide pour les plus radicaux", ajoute le journaliste.

L'utopie vegan est "de se séparer de la nature", un "concept humain" selon eux. En effet, l'auteur explique : "L'homme ne peut pas se considérer comme différent des autres espèces, or le concept de nature marque cette différence, donc on oublie la nature". Pour cela, ils souhaitent que "l'on n'intervienne plus sur la nature", donc que l'on mette fin à l'agriculture. Pour Frédéric Denhez, ce courant de pensée philosophique et politique devient dangereusement un "nouvel intégrisme".

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