François Kersaudy : "Felix Kersten a sorti la liste et a dit 'voilà ma rémunération'"

L’historien François Kersaudy, spécialiste d’histoire contemporaine, auteur de "La liste de Kersten" (édition Fayard), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 19 février, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

François Kersaudy invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

La liste de Kersten est moins connue que la liste de Schindler et pourtant, des centaines de milliers d'opposants au régime nazi lui doivent la vie. François Kersaudy revient sur l'exploit du médecin privé de Heinrich Himmler.

"Des guérisons miraculeuses"

Au départ, Felix Kersten était un Allemand balte, venant d'Estonie et devenu Finlandais par un concours de circonstances, puis médecin par un autre concours de circonstances. "Dans cette affaire ce ne sont que des concours de circonstances", souligne l'historien qui déroule son parcours. "Il a été formé à une discipline, le massage finlandais, et s'est ensuite perfectionné dans son art avec les meilleurs médecins de Berlin" ajoute-t-il.

Par ses massages très profonds, il parvenait à écarter "toutes thromboses qui faisaient obstacles à la circulation du sang". Une thérapie qui lui a permis d'arriver à "des guérisons miraculeuses" et d'être "connu dans toute l'Europe entre les deux guerres". "Il arrivait à soulager considérablement, mais on avait besoin qu'il revienne, c'est ce qui a fait toute sa fortune", note François Kersaudy.

Être le "moins dépendant d'Himmler"

C'est par un homme d'affaire que Felix Kersten arrive à Himmler. "Lui qui était antinazi a refusé au départ", avant de finir par accepter. "En le voyant, en commençant à le soigner, il s'est aperçu qu'il pouvait faire quelque chose mais que ça ne durerait pas", rapporte François Kersaudy. "Ce qui a sauvé la vie de plusieurs centaines de milliers de personnes, c'est le fait qu'il avait cette capacité de soulager, Himmler est devenu entièrement dépendant de ses services", souligne l'auteur.

Le médecin aux mains miraculeuses refuse de se faire payer, afin d'être "moins dépendant d'Himmler". Ce dernier était l'un des rares généraux nazi à ne pas être corrompu et donc, il faisait "presque vœu de pauvreté". Se sentant redevable, il propose à Kersten de le rémunérer, ce qu'il refuse. Un jour, il a donc sorti de sa poche une liste de gens emprisonnés pour lesquels on avait demandé d'intercéder auprès d'Himmler. "Il a sorti la liste et a dit 'voilà ma rémunération'. Himmler a commencé par refuser. Finalement il a signé et c'est devenu une habitude".

 

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